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Si Moh
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MessagePosté le: Ven Fév 01, 2008 4:48 am    Sujet du message: L'inadaptation de la formation à un marché de travail Répondre en citant

M. Rhmani souligne la problématique de l'inadaptation de la formation à un marché de travail en développement

Casablanca, 31/01/08-Le ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle, M. Jamal Rhmani, a souligné la problématique de l'inadaptation de la formation au marché du travail qui est en développement continu au Maroc.

M. Rhmani, qui était l'invité mercredi à Casablanca du Forum "90 minutes pour convaincre" organisé par le groupe Maroc Soir, a également relevé le manque flagrant de compétences dans certaines spécialités et appelé à davantage d'ouverture des universités sur le marché de l'emploi.

Il a mis l'accent sur la nécessité de mettre en place des licences professionnelles pour répondre aux besoins des entreprises, relevant, à ce propos, que la première licence professionnelle sera lancée cette année à l'Université Hassan II à Mohammedia en vue de répondre aux besoins de la SAMIR.

Le ministre a, en outre, appelé à une refonte du système de formation dans les universités, notamment dans certaines branches.

Il a, d'autre part, noté que ses déplacements récemment dans certaines villes comme Tanger et Salé lui ont permis de s'enquérir in-situ des besoins importants en main d'oeuvre, certes simple mais qualifiée, notamment dans le domaine de l'hôtellerie, d'où la nécessité d'adopter un plan d'action pour répondre aux besoins des unités hôtelières et industrielles.

Il a, dans ce cadre, appelé à la création d'emplois garantissant aussi bien la sécurité sociale que sanitaire.

Evoquant le dialogue social, le ministre a fait savoir que les réunions tenues avec la CGEM et les principales centrales et organisations syndicales se sont déroulées dans un climat ''cordial'', soulignant la volonté du gouvernement d'échanger les points de vue avec les parties concernées sur les questions contenues dans la déclaration gouvernementale.

Il a rappelé la décision du conseil de gouvernement, avant même l'annonce de la grève dans la fonction publique et les collectivités locales, de mettre en place une commission interministérielle pour mener une nouvelle série de rencontres dans le cadre du dialogue social avec les principales centrales syndicales, précisant que le gouvernement ''comprend'' les revendications des partenaires sociaux.

M. Rhmani a, par la même occasion, reconnu l'existence de "difficultés" dans la mise en oeuvre du code du travail, compte tenu des "divergences" entre le patronat et les syndicats sur certains articles et dispositions.

Il a mis l'accent sur la non conformité de certaines entreprises aux dispositions du code, rappelant que son département a élaboré un plan d'accompagnement des entreprises visant leur mise en conformité sociale, notamment en ce qui concerne le respect de certains indicateurs fondamentaux relatifs en particulier au SMIG, l'âge minimum et l'horaire du travail, la création de commissions de sécurité sociale et sanitaire et à la déclaration à la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS).

Ce plan a concerné 800 entreprises en 2007 et porte sur 3.200 autres en 2008, a-t-il dit.

Evoquant certains dossiers revendicatifs, le ministre a relevé que celui relatif à l'actualisation du statut des inspecteurs de travail est sur ''la bonne voie'' et sera soumis prochainement au conseil de gouvernement.

Concernant le dossier des diplômés chômeurs, il a fait savoir que le ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur, de la Formation des cadres et de la Recherche scientifique, a organisé un concours de sélection pour le recrutement de 1.100 jeunes parmi cette catégorie, précisant que 2.400 diplômés ont passé des entretiens pour intégrer les différents cycles de ce département.

M. Rhmani a, d'autre part, soulevé le manque de coordination et de communication entre les départements de l'emploi et de la formation professionnelle (OFPPT, ANAPEC, CNOPS, CNSS), notant que le rôle de son département dans la création d'emplois se limite à la coordination à travers l'intervention de l'ANAPEC.

Il a, à cet égard, noté que le nombre d'agences de l'ANAPEC à travers le Royaume devrait atteindre 70 en 2008, contre 50 en 2007, ajoutant que le ministère se penche actuellement sur la révision du statut de l'agence pour permettre la représentation des syndicats et de la CGEM au sein de son conseil d'administration.

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MessagePosté le: Dim Fév 03, 2008 5:23 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Enseignement
Faciliter l'accès au marché du travail
Les licences professionnelles offrent plus d'opportunités aux étudiants



Quelques semaines seulement séparent les étudiants de la licence professionnelle, "Génie des matériaux et qualité" à la faculté Ben M'Sick d'un grand événement.

En effet, ils vont organiser un séminaire qui réunira des chercheurs, des professionnels et des entrepreneurs. Quelques années auparavant, de telles manifestations étaient quasi-inexistantes dans une faculté marocaine. Mais depuis l'entrée en vigueur de la réforme, la situation commence à s'améliorer. Selon les responsables, l'introduction de nouvelles formations et outils pédagogiques a permis d'effectuer des changements. Certes, des problèmes persistent toujours mais les conditions ont évolué à l'intérieur des facultés marocaines.

"Les universités marocaines connaissent une nouvelle dynamique. Aujourd'hui, la faculté Ben M'Sick propose trois formations professionnelles. Elles ont été conçues en étroite collaboration avec le milieu socio-économique. Cette politique a déjà porté ses fruits, car de nombreux étudiants ayant suivi ces formations ont intégré des entreprises", Saïd Kabbaj, doyen de la faculté.

Changer les idées reçues sur les diplômes octroyés par la faculté, passe inévitablement par la formation de profils capables d'intégrer facilement le marché du travail. "Après l'entrée en vigueur de la réforme, les responsables dans les universités marocaines ont procédé au remodelage des programmes pour pouvoir faciliter l'insertion des étudiants.

Ainsi, de nouvelles matières ont été ajoutées à nos cursus", déclare Kabbaj. Selon les responsables à la Faculté des Sciences Ben M'Sick, de nombreux lauréats issus de ces formations ont trouvé du travail dans les entreprises marocaines. Kenfaoui Yassine est l'un de ces étudiants. Il a pu décrocher un poste de chargé d'étude dans un cabinet de conseils en formation de la place. Le cas Marwane Saadia est également un exemple d'une "success story". Saadia prépare un DESS sur le contrôle qualité. Elle vient de participer à la réalisation d'un Audit de qualité à l'aéroport Mohammed V. Les formations professionnelles semblent offrir plus de chances pour les étudiants marocains en vue de trouver l'emploi à la fin de leurs études.

Nabil, Soumia et Zakaria, trois étudiants de la licence professionnelle "Génie des matériaux et qualité" ont été choisis par leurs camarades de la même promotion pour superviser les préparatifs du séminaire qu'ils vont organiser. "Ce séminaire rentre dans le cadre des activités scientifiques menées par les étudiants de la licence professionnelle des matériaux et qualité. Nous avons invité des acteurs du monde des entreprises. Des professeurs vont également prendre part à ce séminaire.

Tous les étudiants sont conscients de l'importance de ce genre d'activités qui est l'équivalent d'une passerelle vers le milieu professionnel", affirme Nabil. Pour ce faire, ils se sont divisés en plusieurs petits groupes. L'organisation d'une telle manifestation, constitue en effet une première expérience pour de nombreux étudiants. Pourtant, ils arrivent tout de même à s'en sortir. "Bien évidemment, cette rencontre va renforcer l'esprit du partage chez les étudiants. Nous allons recevoir des lauréats qui ont intégré des entreprises. Il est très intéressant pour nous d'avoir une idée sur les expériences des autres lauréats", dit Zakaria, un étudiant du comité d'organisation. "Nous avons choisi plusieurs thèmes pour ce séminaire qui constitue une occasion pour approfondir nos connaissances", ajoute pour sa part Soumia, une étudiante qui participe à l'organisation de cet événement.

Depuis trois ans, les professeurs dans les facultés mettent plus l'accent sur les techniques de communication. Celle-ci a été jugée comme le principal obstacle pour les lauréats des universités marocaines. "De nombreux étudiants à la faculté présentent des lacunes notamment au niveau de la communication et la prise de parole. Des activités comme ce séminaire permettent aux étudiants de détecter ces lacunes pour éventuellement les enrayer. Le but est d'offrir la possibilité aux étudiants de mettre en pratique les connaissances acquises dans les cours", explique un professeur de communication à la faculté Ben M'Sick.

Cependant, les places sont limitées dans les licences professionnelles. Seuls les meilleurs étudiants vont y accéder après une sélection minutieuse. Il convient donc de formuler des interrogations sur le devenir des autres étudiants à "la fac". Des efforts doivent être déployés par tous les acteurs proches du secteur pour trouver des solutions adéquates pour les établissements universitaires au Royaume. La réforme a certes été adoptée mais elle n'a pas apporté toutes les solutions aux problèmes du système éducatif marocain.

"Il est nécessaire et urgent de lancer un débat sur le devenir des diplômés de l'enseignement supérieur et leur cheminement sur le marché du travail. Cette initiative ne constituerait nullement une fin en soi, mais serait davantage l'amorce d'une réflexion autour d'une problématique qui se pose toujours avec acuité", souligne Omar Tanane, professeur universitaire. Néanmoins, toutes les parties concernées doivent s'impliquer davantage pour relever le défi. "Désormais, les acteurs socio-économiques commencent à prendre part à l'élaboration des formations. Mais ce n'est pas encore suffisant. La réforme est l'affaire de tous et pas uniquement celle des universitaires", conclut le doyen de la faculté Ben M'Sick.
Aujourd'hui, après plus de cinq années de la mise en application de la réforme de l'enseignement, une évaluation des acquis est plus qu'une nécessité.

Malheureusement, les parties habilitées tardent toujours à exprimer leur accord pour évaluer les écarts entre les objectifs escomptés et les résultats réalisés. Pourtant, les responsables devraient prévoir des moyens et outils pour évaluer continuellement les systèmes d'enseignement au Maroc. L'évaluation n'a aucun sens si elle est ponctuelle et isolée. Elle a un sens seulement quand elle accompagne un processus d'éducation et de formation depuis ses origines jusqu'à ses résultats.

Un centre de recherche…
Depuis sa création, le CARB (Centre d'analyses et de recherches du campus Ben M'Sick) a été dédié à l'expertise, la recherche et la formation. Dirigé par des professeurs à la faculté, ce centre a vu le jour dans le cadre du projet de développement de la recherche scientifique au sein de l'université Hassan II à Mohammedia.

Les responsables à la faculté ont plusieurs objectifs, notamment la promotion de la recherche fondamentale et appliquée, et la formation. Les équipements du " CARB " donnent la possibilité de réaliser des analyses au profit des secteurs d'activité : Pharmaceutique, Agroalimentaire, IMME, Environnement (sols, déchets, eau,…), pétroliers, cosmétiques.

Le Centre est devenu une source de revenus pour l'université. En effet, des prestations de service sont effectuées au profit des opérateurs privés dans le cadre de plusieurs partenariats. D'autres conventions sont en cours de réalisation.

Qu'en pensent les étudiants ?
Pour les étudiants, certes, de nombreux points positifs ont été apportés par la réforme de l'enseignement mais des aspects négatifs sont également à relever. "On remarque qu'il y a toujours un tâtonnement au niveau du contenu de chaque matière.

Chaque année, les matières changent de dénomination et il y a de nouvelles matières et d'autres qui disparaissent subitement. L'étudiant s'en retrouve dispersé", affirme Karim, étudiant à la faculté Aïn Chock à Casablanca. Pour leur part, les responsables du ministère de l'Education nationale martèlent, dans leurs sorties médiatiques, que plusieurs résultats positifs ont été atteints.
Ils affirment que le taux d'absentéisme, qui battait des records à la faculté, a considérablement chuté.

Ils ajoutent également que les étudiants formés dans les facultés marocaines ont plus de chance de trouver un emploi sur le marché du travail puisqu'ils sont initiés à l'outil informatique et aux techniques de communication.

Par Mohamed Badrane | LE MATIN
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Publié le : 03.02.2008 | 13h05
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MessagePosté le: Lun Fév 04, 2008 6:00 am    Sujet du message: L'Education nationale décide d'intégrer 1100 cadres Répondre en citant

La question des cadres chômeurs sur la voie de résolution
Le ministère de l'Education nationale décide d'intégrer 1100 cadres


Mille cent cadres supérieurs en chômage vont bientôt intégrer les rangs du ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Formation des cadres. Une bataille est gagnée !

Clameront les milliers de cadres en chômage qui ont entamé depuis la semaine dernière une série de sit-in à Rabat. La mesure ne sort toutefois pas du cadre des engagements du gouvernement inscrits dans l'accord signé en ce sens le 2 août 2007.

En effet, et à partir de cette semaine, les concernés vont commencer à recevoir leurs lettres d'affectation. Ainsi, 1 000 nouvelles recrues vont rejoindre directement les classes de l'enseignement fondamental dans différentes régions du Maroc. Cela, non sans avoir reçu auparavant une formation accélérée, affirme une source proche du dossier. Ce qui reste insuffisant puisqu'elles sont appelées à continuer de suivre une formation continue le long de l'année. Cette opération fait suite à une précédente qui a eu lieu l'année dernière. Le millier de diplômés recrutés en 2007 et affectés directement à l'enseignement a donné satisfaction, souligne notre source.

Pour cette année, outre les 1 000 nouveaux professeurs, une centaine d'autres diplômés concernés par cette opération va être affectée aux postes administratifs dans différents établissements de l'enseignement supérieur. Ce sont essentiellement des diplômés de gestion, d'économie et de droit et ils rejoindront incessamment leurs postes au sein des présidences des universités.

Après une rencontre, en novembre, avec les représentants de quatre groupes de cadres titulaires de DESA, DESS et de doctorat national, il a été décidé d'intégrer un nombre important de ces demandeurs d'emploi dans les rangs du ministère de l'Education nationale et de l'enseignement supérieur. Les concernés ont alors été invités à passer des entretiens, depuis début décembre, dans différentes académies de l'enseignement du Royaume. Une commission a été chargée d'évaluer leur niveau de compétence et de centraliser les résultats des examens.

Or, jugeant l'opération trop lente à leur goût et les délais de proclamation des résultats des entretiens constamment repoussés, les cadres concernés ont entamé une série de sit-in et manifestations devant le Parlement, la Primature et ont même forcé le siège du parti de l'Istiqlal. Et c'est en ce moment où l'affaire a commencé à prendre une tournure inquiétante que le ministère de l'Education nationale décide d'annoncer le recrutement immédiat des 1 100 diplômés parmi les quelque 2 500 personnes qui ont participé à ces entretiens. L'annonce a été faite par un communiqué daté du samedi 2 février.

Une « victoire », estiment les uns, une occasion pour d'autres diplômés de sortir dans la rue et d'exiger d'être recrutés dans la fonction publique, pensent d'autres. L'affaire telle qu'elle a été « négociée » par le gouvernement pourrait, en effet, estime-t-on, encourager des milliers de diplômés chômeurs à investir les rues de la capitale et devant les sièges des principales institutions représentatives du pays. « Il ne faut pas dramatiser les choses, nous en somme loin », estime le responsable d'un des groupes des cadres en chômage. En outre, et c'est ce qui rend la question plus compliquée, les critères de sélection des bénéficières de cette opération ne sont pas clairs, mais le gouvernement a mis en place une approche préférentielle.

Ainsi, sur l'ensemble des cadres recrutés, 75% ont été sélectionnés parmi les « sit-iners ». Ce qui revient à encourager ce genre de manifestations dans les rues de Rabat. « Non. Il faut relativiser », juge ce responsable. En effet, explique notre source, sur les 3 400 cadres inscrits sur les listes établies par les soins de Driss Guerraoui, conseiller en charge de ce dossier à la Primature, seuls 2 500 diplômés ont décidé de passer les tests. Cela, d'une part. D'autre part, le nombre total de cette catégorie de diplômés, c'est-à-dire les titulaires de DESS, de DESA et du doctorat national, concernés ne dépasse guère les 5 000 personnes. Et ce, en comptant même ceux qui travaillent actuellement dans le secteur privé et qui décideraient un jour d'opter pour la fonction publique. Ceci, d'autant qu'au fur et à mesure de leur intégration dans le secteur public leur nombre ne cesse de décroître.

De plus, et depuis la mise en place de la réforme de l'enseignement supérieur, les universités marocaines ne forment plus à ce genre de diplômes. La dernière promotion a quitté les bancs de l'université en 2007. Toutefois, la question n'est pas pour autant résolue. « Tant que le gouvernement ne dispose pas d'une politique claire en la matière et que le cadre juridique n'est pas encore fixé, le problème restera posé », soutient notre source.

Un vide juridique

C'est en vertu de deux décisions du Premier ministre, 888.99 et 695.99 datant de l'ère de Abderrahmane Youssoufi que les diplômés titulaires de DESA, DESS et doctorat national revendiquent leurs droits à l'intégration automatique dans la fonction publique. Les deux textes permettent, en effet, aux titulaires desdits titres d'intégrer la fonction publique sans toutefois définir les critères de leur sélection. Et c'est là où persiste le vide juridique. Les deux décisions ne fixent pas de priorités.

« L'on ne sait pas si la sélection et donc l'accès à la fonction publique doit se faire selon l'âge du candidat, son diplôme, la date à laquelle il l'a obtenu ou selon son état civile », affirme une source proche du dossier. Aussi, explique notre source, il est urgent de fixer un cadre juridique permettant de traiter d'une manière automatique cette question.

Par Tahar Abou El Farah
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MessagePosté le: Mar Fév 05, 2008 4:24 pm    Sujet du message: Répondre en citant

90 Minutes Pour Convaincre

Interview : Jamal rhmani, ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle
Dialogue social, emploi temporaire, diplômés chômeurs et travailleuses agricoles en Espagne

«Si la question de l'emploi est importante pour le gouvernement, celle liée à la couverture sociale et médicale est plus importante à mon avis»

Le Matin : Vous vous êtes réuni récemment avec les syndicats dans le cadre du dialogue social. Qu'est-ce qui ressort concrètement de ces rencontres ?

Jamal Rhmani : Je tiens d'abord à souligner que si la question de l'emploi est importante pour le gouvernement, celle liée à la couverture sociale et médicale est plus importante à mon avis. C'est là un point que je voulais mettre en avant d'emblée et j'y reviendrai par la suite. Quant aux réunions avec les partenaires sociaux, elles ont commencé à avoir lieu juste après le vote de la déclaration gouvernementale par le Parlement.
Les responsables des centrales syndicales les plus représentatives y ont pris part en plus de ceux de la CGEM. Ces rencontres m'ont permis de connaître les attentes des uns et des autres et d'échanger les points de vue sur plusieurs sujets ayant trait à la déclaration gouvernementale. Toutes ont eu lieu non pas au ministère, mais aux sièges des syndicats et chez certains secrétaires généraux. Le même procédé a été suivi et le sera dans l'avenir concernant les rencontres avec plusieurs associations professionnelles. Il s'agit d'une nouvelle approche. C'est aussi un signal fort qui montre la volonté du gouvernement d'accorder une attention particulière au social et d'instaurer la confiance avec les partenaires sociaux et économiques.
Un ministre n'est pas forcément tenu de toujours accueillir à son bureau, mais d'aller à la rencontre des autres.


Vous avez visité des unités industrielles au Nord et principalement à Tanger. Vous avez été confronté à un phénomène de pénurie de main-d'œuvre alors que l'on parle d'exacerbation du chômage. Comment expliquez-vous cela ?

C'est un vrai phénomène. J'ai effectué, récemment, trois visites. La première à Oujda, en compagnie du ministre du Tourisme, où nous avons signé plusieurs accords avec des groupes touristiques. Comme vous le savez, cette ville bénéficiera du lancement du plan Azur, en août prochain. Quatre hôtels auront besoin d'une main-d'œuvre qualifiée. Le constat est que cette dernière n'est pas toujours disponible, ce qui a amené l'Anapec à intervenir pour accompagner ces quatre unités. Quant à la visite de Tanger, elle a concerné deux unités industrielles qui connaissent le même problème. Nous avons constaté qu'à ce niveau la carence existe en matière de main-d'œuvre, qualifiée ou non. L'une de ces unités m'a proposé la création de 4 000 postes d'emploi. Ce qui est une première. A Tanger, on assiste aujourd'hui à une rude concurrence entre les entreprises pour trouver la main-d'œuvre, surtout avec l'approche du lancement du chantier de Renault-Nissan qui propose la création de 6 000 emplois directs et 30 000 de manière indirecte. Avec cette nouvelle donne, j'ai tenu à ce que les différents organismes dépendant du ministère de l'Emploi notamment l'OFPPT, l'Anapec, la CNSS, la Cnops, l'inspection du travail, etc. coordonnent entre eux pour ne plus intervenir de manière unilatérale. La troisième visite a été effectuée ce matin (du mercredi dernier, ndlr) à Salé. J'ai appris que dans trois ans, cette ville connaîtra un grand déficit en cadres dans les domaines du tourisme, des technologies de l'information et dans l'artisanat. Nous ferons en sorte que ces compétences soient disponibles dans cette ville et dans d'autres.

Quels sont en fait les résultats du dialogue social surtout que maintenant la tension augmente dans plusieurs secteurs ?

Depuis que j'ai pris mes responsabilités au ministère de l'Emploi, j'ai trouvé sur mon bureau plusieurs dossiers dont celui du dialogue social et celui de l'application des dispositions du Code du travail. Concernant ce dernier, je tiens à souligner que toutes les mesures ont été prises pour son activation. Prenons pour exemple le Haut conseil de l'emploi qui a tenu sa première session. J'insiste ici que le rôle du ministère est de veiller au respect et à la bonne application des dispositions du code. Il y a, également, le conseil de la convention collective dont le comité de suivi qui regroupe les partenaires sociaux et économiques a adopté récemment un rapport qui sera soumis à sa prochaine session pour adoption. L'autre aspect a trait aux revendications du secteur public comme la promotion interne et la question des indemnités exprimées par les syndicats dans l'administration et les collectivités locales. Des appels à la grève ont été lancés, mais il ne s'agit pas d'une grève générale. Car, selon nos informations, la grève intervient de manière cyclique autour de revendications à propos desquelles le dialogue est ouvert avec le département ministériel concerné. Le gouvernement prend en considération ces revendications que ce soit dans l'enseignement ou dans la fonction publique. Je tiens à confirmer que lors du dernier conseil de gouvernement, bien avant l'appel au débrayage, il a été décidé la mise en place d'une commission interministérielle pour la reprise du dialogue social avec les centrales syndicales. Et le gouvernement a soumis des propositions concernant les secteurs public et privé. Pour ce qui concerne mon département, j'ai reçu les cinq syndicats du secteur en plus de l'association des inspecteurs du travail. Nous avons discuté profondément durant dix jours. Je reviens aussi au Code du travail qui a bénéficié de l'approbation de tous les partenaires et j'insiste ici sur la nécessité de mettre en œuvre tous les mécanismes qu'il contient. En effet, les lois du travail accompagnent l'évolution du marché de l'emploi qui connaît une évolution quotidienne grâce à la mondialisation et à la concurrence. Pas plus loin, hier (mardi dernier, ndlr), j'ai tenu une réunion avec le secrétaire général du syndicat national de la presse marocaine et nous avons constaté que le code du travail ne répond pas au spécificités du travail virtuel. Dans ce cas de figure, le journaliste n'a aucune garantie concernant ses droits. Je tiens aussi à évoquer les difficultés d'application de certaines dispositions liées à la médecine du travail, l'agence du travail intérimaire, etc. Ceci dit, nous avons la volonté, partagée par les partenaires sociaux, de faire respecter ces dispositions.

Vous avez dit que le rôle du ministère de l'Emploi n'est pas de recruter, mais de coordonner avec les différents départements. Quelle est alors votre valeur ajoutée à ce niveau ?

Quand je suis arrivé au ministère, j'avais déjà une connaissance du secteur puisque j'ai travaillé au cabinet de l'ancien ministre de l'Emploi, Khalid Alioua, où je m'occupais du dialogue social. J'avais constaté à l'époque qu'il n'y avait aucune harmonie entre les différents organismes dépendant du ministère, hormis quelques conventions qui lient par exemple l'OFPPT et l'Anapec. Il n'y avait pas de coordination, par exemple, au niveau de la formation continue et du suivi des besoins du marché du travail. Ce qui est important n'est pas seulement de garantir des postes d'emploi, mais aussi d'offrir la protection sociale.
Car si on omet ce point, on se retrouvera dans 40 ans dans une situation de précarité pire qu'aujourd'hui. J'ai alors découvert que l'Anapec ne travaille pas en harmonie avec la CNSS. Désormais, nous ferons en sorte que les différentes institutions dépendant du ministère puissent agir en commun. Pour ce faire, nous avons organisé une rencontre à Marrakech avec la participation de 180 directeurs centraux et régionaux représentant ces différentes institutions. Tous ont convenu de la nécessité de travailler ensemble dans un objectif de complémentarité. Nous avons besoin de ce genre de partenariat pour accompagner l'évolution que connaît le Maroc en matière d'investissement et de bonne gouvernance. Le rôle du ministère est de faire aboutir cette opération et d'assurer un suivi permanent au niveau de tous les maillons de la création d'emploi.
Et pour aider les entreprises en difficulté, nous disposons d'un programme durant cette année concernant l'accompagnement social de 3 200 unités. Il s'agit de les amener à respecter, notamment, l'âge minimum et les heures de travail, garantir la santé, la sécurité
et la déclaration à la CNSS des travailleurs.


Il y a un grand clivage entre les besoins du marché du travail et les diplômes. Quelle est votre approche pour résoudre ce problème ?

Concernant ce sujet, par le passé nous n'avions pas un secteur privé au vrai sens du terme. On ne disposait que d'institutions dépendant de l'Etat comme l'OCP et quelques sociétés industrielles. Aujourd'hui, l'économie marocaine a besoin de main-d'?uvre qualifiée et de cadres spécialisés qui répondent au marché du travail. Ce qui n'est pas encore le cas. Car, nos universités continuent de former des milliers d'étudiants sans prendre en compte les réels besoins du marché. Malgré l'existence d'instituts d'enseignement supérieur et l'OFPPT, la carence en matière de diplômés persiste face à la création de nouvelles entreprises et le développement économique et industriel que toutes les régions du pays connaissent. Pour remédier à cette situation, je pense que le débat autour de la réforme du système d'éducation et de formation donnera ses fruits. Et ce, à travers un plus grand nombre de licences professionnelles. A titre d'exemple, je cite la raffinerie la Samir. Pour la première fois dans l'histoire du Maroc, et en collaboration avec la Faculté des lettres de Mohammedia, une filière professionnelle a été instaurée pour répondre au besoin de cette société. A Oujda, une Faculté a lancé une filière dédiée au tourisme. Sur ce même registre, je vous annonce qu'un décret adopté par le gouvernement, il y a une quinzaine de jours, accorde de nouvelles prérogatives aux universités pour avoir des contrats avec des compétences ayant pour mission d'encadrer les nouveaux besoins de ces universités. Mais, il faut savoir que la création de nouvelles filières professionnelles au sein des Facultés n'est pas chose aisée dans la mesure où elle requiert des professeurs spécialisés, des cadres, un accompagnement permanent et des stages in situ.

Des informations ont circulé sur les difficultés rencontrées par le programme Mokawalati. Quelles sont ces difficultés ayant compromis l'aboutissement de ce chantier ?

Il y a eu récemment un grand débat autour de ce dossier. Mais, il faut d'ores et déjà signaler qu'il s'agit d'un programme consistant dédié aux jeunes qui désirent créer leurs propres entreprises. Il y a une vérité qu'il faut expliquer. Ce programme n'a pas encore deux ans puisqu'il n'a été lancé qu'en mars 2006 contrairement à celui d'Idmaj, lancé avant Mokawalati. Lors d'une récente réunion, nous avons soulevé plusieurs problèmes avec les parties concernées ainsi qu'avec des banquiers prenant part au programme.
Nous avons parlé d'un certain nombre d'écueils auxquels les jeunes sont confrontés comme le fonds de commerce surtout dans des villes comme Casablanca, Rabat et Tanger.
Ce problème est parmi les principaux blocages que les jeunes porteurs de projets rencontrent pour accéder au financement des banques. En plus, les jeunes intéressés n'ont pas tous le sens de l'entreprise et ne disposent pas d'expérience dans ce domaine.
Quant aux banques, elles préfèrent s'investir dans les grands projets et ne s'intéressent que sommairement aux petits. Il y a un projet en gestation pour encourager les jeunes qui n'ont pas de diplômes. Peut-être que chez ces derniers, on peut retrouver plus de dispositions à réussir leurs entreprises que chez les diplômés.
Le conseil administratif de l'Anapec a pris de nouvelles mesures pour aplanir un certain nombre de difficultés. Nous espérons que durant cette année on puisse aider à la création de 5 000 entreprises.


Qu'avez-vous décidé quant à la décision du gouvernement de recruter des titulaires de diplômes supérieurs en chômage ?

En ce qui concerne ce sujet, il faut prendre en compte deux points. Le premier concerne leur intégration dans la fonction publique et le second a trait à la formation. Le ministère de l'Education nationale enregistre un déficit en personnel, dans ce contexte, il a été organisé un concours de sélection sous forme d'entretiens dans les académies de l'enseignement au profit des candidats. 1.100 postes d'emploi sont concernés par cette opération. La sélection a eu effectivement lieu et, selon les dernières informations dont je dispose à ce jour (mercredi 30 janvier), le nombre des candidats retenus, dont 100 dans l'Administration, sera communiqué incessamment. En ce sens, il faut préciser que l'Etat, à l'image du secteur privé, recrute selon ses besoins. Le groupe Maroc Soir, par exemple, sélectionne ses journalistes. L'Etat est donc en droit de sélectionner ses fonctionnaires selon les critères de compétence et selon ses besoins.

Il est de plus en plus question d'ouverture du ministère de l'Enseignement sur le secteur économique et le marché du travail. Ne pensez-vous pas soumettre la question à la Primature sous forme d'un cahier des charges par exemple ?

Je vous assure qu'avec Ahmed Akhchichine, ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Formation des cadres, nous partageons les mêmes points de vue. Je voudrais transmettre ici, à travers vous, un message. Je vous assure que nous disposons d'un centre de formation professionnelle à Casablanca et de deux autres à Agadir et à Tanger qui forment des diplômés bac + 2.
Ces derniers sont recrutés pour un salaire de 15.000 DH. Et ce n'est qu'un salaire de départ qui pourrait atteindre, après quelques années d'expérience, 30.000 DH.
D'un autre côté, un cadre de la fonction publique classé échelle 11 ne peut, durant toute sa vie active et jusqu'à sa retraite, atteindre un salaire de 15.000 DH.
Cela dit, il y a des opportunités de travail qui sont créées dans notre pays et il faut y répondre par la qualification des ressources humaines, de la main-d'œuvre et des cadres compétents dans différents domaines.


N'estimez-vous pas que le sujet nécessite un livre blanc ?

Sincèrement, nous avons évoqué la question et tout le monde -gouvernement, secteur privé et demandeurs d'emploi- est convaincu qu'il y a des opportunités qu'offre le marché du travail au Maroc. Mais le problème qui persiste encore aujourd'hui est que le système de l'enseignement et de la formation n'arrive pas à satisfaire les besoins de ce marché. Et c'est aujourd'hui le vrai défi auquel est confronté notre pays.

Le milieu rural a souffert des effets de la sécheresse. Le chômage est y donc en constante progression. Avez-vous pensé à créer des opportunités d'emplois spécifiques dans ce milieu ?

C'est une question pertinente. Elle rejoint les résultats d'une étude réalisée par le Fonds Hassan II pour le développement économique et social. En effet, il est question de former les jeunes issus du monde rural selon les besoins spécifiques de ce milieu qui a connu un développement notable grâce notamment à la mécanisation, à l'adduction d'eau potable et à son raccordement au réseau électrique. En ce sens, je souhaiterai vous faire part d'un programme visant la création de centres de formation professionnelle dans ces trois domaines. Pour sa part, l'Anapec qui accompagnera ce programme mettra en place des structures mobiles à cet effet.

La directrice de l'Anapec de Rabat a été dernièrement au centre d'une polémique. Que nous diriez-vous de cette affaire ?

Je ne suis pas au courant d'une telle affaire. Tout ce que je peux vous dire c'est que, concernant la gestion administrative interne du ministère et les organisations qui sont sous sa tutelle, j'ai décidé de déléguer la responsabilité aux directeurs. Et ce, dans le respect des prérogatives de chacun. Moi en tant que ministre, je m'occupe de la politique générale du département. Ma mission consiste à l'orienter dans le sens de la concrétisation des objectifs fixés par la déclaration générale du gouvernement.

Sur un autre volet, où en est le projet du statut des inspecteurs du travail ?

La question a été tranchée. J'ai personnellement paraphé le texte du statut des inspecteurs du travail. Le ministre de la Fonction publique en a fait de même. Le texte est actuellement entre les mains du ministère des l'Economie et des Finances, il n'attend que la signature du titulaire de ce département pour suivre son chemin vers l'adoption en Conseil de gouvernement. Je pense que le texte est sur la bonne voie et il est prévu qu'il entre en vigueur très prochainement.

La formation continue est encore sujette à certains problèmes pour ce qui est notamment des contrats spéciaux de formation. Que pensez-vous des propositions de la CGEM en la matière ?

C'est une question qui m'a été posée le premier jour où j'ai rendu visite à la CGEM. Nous en avons discuté, Moulay Hafid Elalamy, le président de la Confédération du patronat et moi. Nous avons posé ensemble les termes du problème des contrats spéciaux de formation. De plus, la Confédération a auparavant soulevé la question dans son livre blanc qu'elle a soumis au Premier ministre. La position du ministère de l'Emploi est la même que celle contenue dans ce livre blanc. Nous devons aller vers la préparation d'un projet en partenariat avec les représentants des salariés par le biais du Conseil d'administration de l'OFPPT, le ministère et la CGEM. Dans ce cadre, nous allons étudier les moyens à même de promouvoir ce domaine en prenant en compte les intérêts de toutes les parties concernées. Il faut souligner, en ce sens, l'existence d'une série de handicaps et de dépassements qui ont été enregistrés par le passé et qui ont abouti à une complication des procédures. Mais il est clair que ce sont les entreprises structurées qui bénéficient de ces contrats, contrairement aux PME. Aujourd'hui, nous nous sommes mis d'accord avec tous les partenaires concernés sur la nécessité de créer une commission qui devrait se pencher sur la question. Et ce, en prenant en compte, bien sûr, le volet social considéré comme un grand chantier auquel il faut s'attaquer. En ce qui me concerne, je n'ai aucune objection à ce sujet. Il faut juste que les différentes parties concernées arrivent à se mettre d'accord entre elles.

L'emploi et la formation professionnelle étant la troisième priorité du gouvernement. Quelle approche avez- vous adoptée en la matière, sachant que le bilan de ces trois derniers mois est plutôt relativement faible ?

Nous devons présenter un bilan quotidien et non mensuel de nos réalisations. Concernant le domaine de l'emploi et de la formation professionnelle, mon approche est basée sur une conjugaison des efforts de toutes les composantes du gouvernement. C'est une question très importante, car il est inconcevable de créer des emplois sans prendre en compte le côté sécurité sociale. C'est dire que nous ne pouvons pas accepter la création de postes d'emploi précaires pour des personnes qui ne disposeraient pas de sécurité sociale, qui n'ont pas droit à la retraite et qui n'auront donc aucune confiance en leur avenir. C'est le premier chantier auquel nous nous attelons. Le second concerne l'action de toutes les administrations. Nous avons ainsi pu dénombrer 26 points sur lesquels nous nous sommes mis d'accord, responsables du ministère et des organismes sous tutelle. Et pourtant, nous devrons continuer à travailler dans la sérénité sachant que des pratiques qu'il est impossible d'éradiquer même à coup de décisions politiques subsistent encore. Je vous donne un exemple. Il s'agit de ce qui s'est passé à Kénitra. Nous avons pu régler les questions relatives aux allocations sociales en moins de 48 heures. Et cela grâce à une action concertée. Le délégué du ministère de l'Emploi a travaillé, à cette occasion, le même jour du drame en coordination avec le représentant de la CNSS.

Lors des déplacements que j'ai effectués dans les villes d'Oujda, de Tanger et de Salé, j'ai mis l'accent sur la nécessité d'une action concertée et rapide de tous les services du ministère. Je vais donner un autre exemple en ce sens. Il s'agit de personnes affectées à la garde au sein du ministère et dans d'autres départements. Ces personnes ne disposent pas de sécurité sociale. C'est inacceptable. Nous avons exigé de la société du gardiennage, leur employeur, de respecter la législation sociale sous peine de voir résilié le contrat qui nous lie. Nous espérons que cette expérience soit généralisée. Le même cas s'est présenté à la CNSS et son directeur général a exigé une couverture sociale pour le personnel des sociétés de gardiennage contractées par la Caisse. Il faut donc respecter les lois comme il faut veiller à ne pas promulguer des lois inapplicables.
Je reviens sur la question de l'emploi par intérim, c'est un marché porteur. Ses besoins et ses exigences ont considérablement évolué. L'on peut être nostalgique d'un Maroc dans lequel la fonction publique absorbait 120.000 à 130.000 emplois par an. C'est une époque révolue. Aujourd'hui, on put créer un nombre important d'emploi via l'intermédiation. Nous avons noté dernièrement que les raisons qui ont débouché sur les problèmes que connaît le secteur, c'est que le comité tripartite était gelé.
Il faut donc aborder tous les facteurs qui ont abouti à cette situation. Ceci m'a poussé à appeler à une réunion dudit comité et la mise en place d'un comité collectif pour se pencher sur les problèmes que connaît le secteur. Les problèmes que pose notamment l'application du code de travail.

Les sociétés de gardiennage dégagent des bénéfices sans que cela ne se répercute sur la situation de leurs employés. Ces derniers sont payés au SMIG et ne sont pas couverts par la CNSS. Que comptez-vous faire pour remédier à cette situation ?

Je ne pourrais accepter ceci. Je vous assure que nous travaillons sur ce dossier avec la CNSS et le corps de l'inspection du travail. Je voudrais signaler ici que la situation ne concerne pas seulement le personnel de ces sociétés, mais plusieurs autres domaines dont notamment certains organes de presse. Le secrétaire général du Syndicat national de la presse marocaine s'en est ouvert à moi un jour sur la question et m'a assuré que des collaborateurs de certains organismes de presse audiovisuelle notamment, ne sont pas couverts par la CNSS.

Le travail des femmes du monde rural dans les exploitations agricoles espagnoles est une initiative importante. Mais certaines ont laissé leurs foyers et leurs enfants dans une situation déplorable. Cela ne risque-t-il pas d'avoir des retombées négatives sur la structure de la société marocaine ?

Je vais être franc avec vous sur cette question et surtout sur le volet social du travail temporaire et de l'émigration organisée. C'est un projet qui rentre dans le cadre du partenariat bilatéral non seulement entre le Maroc et l'Espagne, mais aussi entre notre pays et l'Union européenne dans le domaine de la lutte contre l'émigration clandestine. Je pense que nous devrions encourager cette émigration organisée. Ce genre d'émigration d'une durée de trois ou quatre mois voire une année ne pose pas de problèmes d'intégration. Nous avons signé un accord en ce sens avec le gouvernement espagnol. Nous allons en signer d'autres, similaires, avec la France et le Portugal. Toutefois, il convient de poser la problématique autrement. Le taux de retour des bénéficiaires de cet accord a été très faible par le passé. Ce chiffre ne dépassait guère 200 personnes sur un total de 3.000. Je vous assure que parmi les femmes qui sont parties travailler en Espagne ces derniers temps et qui ont été sélectionnées dans le cadre de l'INDH, le taux de retour a été de 95%. Et ce, contrairement à ce qui s'est déroulé par le passé. Car, auparavant, les femmes parties avec des contrats de travail temporaires n'étaient pas toutes des ouvrières agricoles et n'appartenaient pas aux zones ciblées. Elles étaient originaires, entre autres, de Casablanca Anfa et de Rabat Agdal. Quand les responsables des sociétés d'intermédiation, qui sont des entreprises structurées s'occupant de recrutement de ces ouvrières agricoles, se présentaient au port espagnol, ils trouvaient un nombre en deçà de celui convenu. Il arrive même que des représentants de ces sociétés ne trouvent personne à leur attente à la station maritime. Le marché de l'emploi espagnol a évolué et les ouvriers contractés disposent de la couverture sociale et médicale. Je vous assure par ailleurs que, contrairement à ce dont il a été fait mention dernièrement, je n'ai jamais reçu, à ce jour, de plainte ayant pour motif des agressions sexuelles. Néanmoins, il existe des dérapages, cela je ne peux pas le nier. Certaines sociétés envoient des femmes travailler dans des zones où les conditions minimales du travail ne sont pas satisfaites. Nous avons publié un communiqué sur ce sujet. Ceux qui désirent aller travailler en Espagne doivent savoir que le seul cadre légal est celui de cet accord de partenariat. Le recrutement se fait dans des conditions légales couvertes par toutes les garanties par le biais de l'Anapec. Il est des zones où la législation du travail n'est pas respectée comme il existe des associations créées spécialement pour aider les femmes à émigrer en Espagne. Ces associations font un excellent travail d'accompagnement. Par ailleurs, je projette d'effectuer une visite dans les zones réceptrices de cette émigration, non à titre officiel bien sûr, mais juste pour m'enquérir des conditions dans lesquelles travaillent ces femmes en Espagne.

L'on note que les procédures dont vous avez parlé ont pour objectif de protéger plutôt le côté espagnol. Qu'en pensez-vous ?

Le côté espagnol nous fait £part de ses besoins en main-d'œuvre féminine. C'est une requête. Je crois en l'intégration de la femme dans le domaine du travail en prenant comme point de départ l'approche genre. Au ministère, nous oeuvrons pour mettre en place un programme de travail pour cela. Et ce, aussi bien dans le domaine de l'emploi, de la formation professionnelle qu'en ce qui concerne l'action de l'Anapec.

Il est également à noter que les femmes mariées qui partent en Espagne pour deux ou trois mois créent des problèmes au Maroc. Qu'en dites-vous ?

Il faut souligner que l'opération a un caractère volontaire. Nous ne pouvons sous aucun prétexte -nous n'en avons pas le droit- forcer ces femmes à l'émigration. Il s'agit d'un choix qu'elles font en parfait accord avec leurs époux. De notre côté, nous essayons de leur faciliter la tâche.

Concernant l'emploi, vous dites avoir élaboré une feuille de route pour cette année et les années à venir. Les chiffres que vous nous communiquez ne sont-ils pas ceux déjà annoncés par l'ancien gouvernement ?

Il s'agit d'un programme qui porte sur la période 2006-2008. Après la réalisation de ce programme, nous allons nous pencher sur son évaluation. A l'heure actuelle, nous réfléchissons à de nouvelles propositions en la matière. Notre action ne va pas se limiter aux trois programmes : «Moukawalati», «Taahil» et «Idmaj». Il existe d'autres projets concrets sur la réalisation desquels se penche actuellement l'Abnapec.
En ce qui concerne la formation professionnelle et la promotion de l'emploi, le gouvernement de Driss Jettou s'était penché sur la formation de 400.000 personnes. Nous nous apprêtons aujourd'hui à en former 650.000. Il est même prévu d'atteindre le chiffre de 750.000 et ce, en partenariat avec le secteur privé. En parallèle, nous mettons à la disposition des secteurs concernés par l'emploi des études se rapportant aussi bien à la création de l'emploi ou aux besoins réels en main-d'œuvre de différents secteurs. Notamment ceux des secteurs en pleine expansion comme le tourisme avec le programme Azur et l'industrie avec le plan Emergence, mais aussi l'aéronautique et l'artisanat.
Certes, l'enseignement ne forme pas à des licences professionnelles en nombre suffisant. Aussi pensons-nous actuellement à lancer ces diplômes au sein des centres de formation professionnelle et dans le secteur privé.

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Ceci fait partie des recommandations des dernières Assises de l'emploi organisées à Skhirat et de la Charte nationale de l'éducation et de la formation.
Ces études que nous réalisons aujourd'hui avec le soutien du Fonds Hassan II pour le développement économique et social nous permettront, sans aucun doute, d'avoir une vision plus claire quant aux besoins du marché du travail. Marché qui est en constante évolution comme le sont ses besoins qui varient dans le temps et dans l'espace.

Dans ce contexte, nous disposons actuellement d'une vision concernant les besoins en formateurs dans le domaine du tourisme, de l'aéronautique ou de l'agriculture et du cinéma. Il faut rappeler, dans ce cadre, le rôle que joue le Fonds Hassan II dans un ensemble de secteurs. Il s'agit notamment de l'agriculture, de la formation professionnelle, de l'emploi, de la santé, de l'énergie, de l'enseignement et de l'eau. Vous n'êtes pas sans savoir que les accords signés récemment à Casablanca pour la promotion de ces secteurs l'ont été sous la présidence de S.M. le Roi. Ce qui met en exergue l'intérêt que porte le Souverain à ces secteurs.

Ce sont les grandes lignes de notre feuille de route. Programme qui répond aux besoins de l'emploi et en même temps à ceux des entreprises. Reste à préciser qu'aujourd'hui nous sommes appelés à élaborer une stratégie nationale globale pour la promotion des ressources humaines au Maroc. Je suis très optimiste quant à la possibilité de concrétisation de ce vœu.
Jamal Bellahrach : le gouvernement crée la précarité
Il faut relever la cadence du travail notamment dans le domaine de l'emploi par intermédiation, souligne Jamal Bellahrech, directeur général de Manpower-Afrique du Nord qui était parmi les invités du Forum «90 minutes pour convaincre». C'est une question urgente, affirme-t-il. Les chiffres le prouvent, l'emploi temporaire assure quelque 690.000 postes. Il faut donc prendre en compte ce genre d'indicateur dans la l'élaboration de la politique du gouvernement dans le domaine. Pour Bellahrech, il est à signaler, en ce sens, que les entreprises et les agences concernées travaillent pour le compte de sociétés qui n'honorent pas leurs engagements envers la CNSS. L'on peut dire, estime-t-il, que nombre de conseillers et acteurs dans le domaine du travail temporaire et d'intermédiation se disent aujourd'hui prêts à étendre leurs projets si les conditions du travail le permettent. Cela d'une part. D'autre part, je voudrais signaler, ajoute-t-il, que c'est le gouvernement qui crée la précarité ou du moins qui a participé à son institutionnalisation dans le domaine de l'emploi. Pour dépasser ces problèmes, il faut organiser et relever le niveau des contrats de travail.

Le troisième point que je voudrais souligner, affirme-t-il, concerne la formation. Un ensemble de programmes ont été évoqués et des chiffres exposés en ce sens. C'est une bonne chose, assure-t-il, mais il faut soulever la question des objectifs que nous voulons atteindre.
Il faut mettre en place un vrai guichet unique dédié à la formation en prenant comme base la confiance et comme critère les vrais besoins des entreprises.

Dans le même sens, il faut se concentrer sur la formation continue, nul besoin de rappeler dans ce cadre les résultats fâcheux auxquels a abouti la formation classique. Il faut donc faire montre de conceptions plus développées et d'initiatives qui sont directement liées au marché du travail. Pour cela, conclut-il, j'appelle à une session thématique concertée et qui aura comme thème la formation et l'entreprise. Je pense que le ministère maîtrise très bien la question de la formation pour l'emploi, mais il faut souligner également que c'est une question urgente. Une priorité absolue.


Par LE MATIN
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Publié le : 04.02.2008 | 18h56
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MessagePosté le: Ven Fév 08, 2008 4:46 am    Sujet du message: Association Souss Massa Drâa Initiative Répondre en citant

Association Souss Massa Drâa Initiative : Un nouveau tissu régional pour la promotion de la création d'entreprises

Pour assurer un développement équilibré de la région Souss Massa Drâa, l'Association Souss Massa Drâa Initiative s'est assignée pour tâche d'apporter son appui aux créateurs d'entreprises.

Promouvoir l'auto-emploi, c'est œuvrer à plusieurs niveaux afin d'assurer les conditions propices à la création d'entreprises. En offrant des perspectives permettant aux jeunes ou moins jeunes désireux de se mettre à leur compte. L'impact sociétal et économique d'une telle initiative n'est plus à démontrer. Pourtant, il est à noter que malgré tous les efforts consentis dans ce cadre, les porteurs de projets se trouvent confrontés au même problème : Comment assurer des garantis ou une part du financement du projet ? Un handicap majeur pour nombre de jeunes diplômés qui se trouvent confrontés à l'absence de structure leur permettant : parrainage, appui et financement.

Les orientations de la région semblent reconnaître l'importance de cette ressource pour un développement économique équilibré. «Souss Massa Drâa Initiative s'est assignée pour tâche d'apporter son appui aux créateurs d'entreprises au niveau de la région du SMD. Diplômés ou non cette initiative permettra d'assurer à la fois parrainage et appui financier aux porteurs de projets», explique Mohamed El Moudene, président de l'association. C'est dans cette perspective que la région de Souss Massa Drâa avait opté pour la mise en place d'un tissu pouvant répondre aux demandes des jeunes porteurs de projets.

Une initiative qui donnera naissance à l'Association Souss Massa Drâa Initiative. Dédiée à la promotion de la création d'entreprises au niveau de la région SMD, cette association qui a vu le jour au cours de l'année 2007 vient d’offrir aux jeunes porteurs de projets au niveau de la région la possibilité de bénéficier d'un accompagnement et d’un financement en prêt d'honneur sans intérêts «à 0%» et sans garantie. En proposant des prêts allant de 10 000 à 150 000Dh, cette association est venue conforter l'apport en fonds propres et permettre aux porteurs de projets de mobiliser des prêts bancaires.

Avec un budget de 700 000dh consacré au fonds de prêt, ce tissu a pour objectif d'octroyer des prêts d'honneur d'une valeur moyenne de 50 000DH à 14 créateurs projets. Ainsi, le premier appel à projet de cette association vient d'être lancé. Désormais, les jeunes porteurs de projets au niveau de la région SMD bénéficieront non seulement d'un financement sans garanties mais également d'un parrainage et appui de grande importance pour tout jeune entrepreneur .

En effet, l'Association avait veillé à la mise en place d'une cellule de suivi et d'accompagnement au niveau d'aide au montage du dossier ainsi qu'un suivi sur la durée du remboursement. Cette cellule est composée d’experts du secteur d'activité ainsi que des opérateurs de renommée au niveau local. En parallèle à ses efforts consentis dans le cadre de la promotion de la création des entreprises, Souss Massa-Drâa Initiative a mis l'accent sur l'un des volets de grande importance pour les jeunes créateurs d'entreprise.

Désormais, les jeunes porteurs de projets pourront bénéficier d'une orientation vers les structures pouvant leurs garantir des réponses adaptées à leurs besoin. Une initiative qui donnera ses fruits avec la naissance de nouveaux projets au niveau de la région tout en travaillant en synergie et complémentarité avec les différents structures déjà mises en place au niveau de la région et opérant dans le même cadre (Moukawalati, microcrédit industrie touristique, Fonds Targa..). Diverses structures qui permettent de relancer la création de nouvelles opportunités d'emplois et d'insertion pour les porteurs de projets. En effet, la région du SMD bénéficie de plusieurs potentiels propices à la naissance et promotion de la création de l’auto-emploi.

Le programme Moukawalati témoigne de cette nouvelle ère d’essor de la création des entreprises au niveau de la région SMD. Sachant que sur les 241 dossiers déposés en banques, 58% ont été agrées avec une création moyenne de 5emplois par projets. Un taux qui illustre l’intérêt et l’impact de ces structures sur la création de l’emploi.

Le 6-2-2008
Par : Majda Saber
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MessagePosté le: Sam Fév 09, 2008 6:04 am    Sujet du message: Chômage: Faut-il brûler son diplôme? Répondre en citant

Chômage: Faut-il brûler son diplôme?

· 252.000 jeunes diplômés du supérieur sont sans emploi

· 65% des chômeurs sont sur la touche depuis plus d’un an

· Une photographie du marché de l’emploi du Haut-Commissariat au Plan


Peu de jeunes inscrits actuellement à l’université croiront à l’engagement du gouvernement de porter le taux de chômage à 7% en 2012. Le rapport détaillé sur l’emploi et le chômage que vient de publier le Haut-Commissariat au plan (HCP) montre en effet que c’est surtout les «15-24 ans» qui sont les plus touchés par le fléau du chômage, avec ou sans diplôme. Le taux de chômage dans cette tranche de la population diplômée du supérieur est de 55,5%. Cela équivaut à cinq fois la moyenne nationale.

Pour l’économie marocaine, l’aubaine démographique joue donc à l’envers. C’est le cœur de sa force vive qui subit également les affres du chômage: quatre demandeurs d’emploi sur dix ont moins de 25 ans.
Autre tendance inquiétante, le chômage de longue durée se transforme en donnée structurelle: selon le HCP, deux demandeurs d’emploi sur trois (65%) sont au chômage depuis plus d’un an. En milieu urbain, cette proportion atteint des sommets, à près de 70%. Par ailleurs, la moitié des 1,062 million de personnes sans emploi recensées à fin 2006 (les données recueillies par le HCP s’arrêtaient à cette date) n’a jamais travaillé.

Dans ces conditions, il apparaît que, pour une large part de chômeurs, la possibilité de s’insérer sur le marché est de plus en plus compromise.
Mais le plus inquiétant de la photographie du chômage brossée par le Haut-Commissariat au plan concerne les jeunes diplômés. Le taux de chômage des titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur s’établit à 23,7%, avec des pointes dans les grandes villes où la proportion des jeunes diplômés de l’université sans emploi est trois points au-dessus de la moyenne nationale.

Le plus grave est la persistance du chômage à longue durée dans cette catégorie de demandeurs d’emploi: quatre diplômés du supérieur sur cinq sont au chômage depuis plus d’un an. C’est, en effet, l’un des paradoxes du marché de l’emploi dans le Royaume: plus on est qualifié (mais quelle qualification?), plus on reste longtemps sur la touche. A fin 2006, la population des chômeurs titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur était estimée à 252.000.

· Perte de l’employabilité

A l’évidence, le phénomène va en s’accentuant. La baisse observée ces derniers mois dans les statistiques du chômage n’empêche pas la montée d’un noyau dur des personnes pour lesquelles les horizons sont plus que bouchés avec, à la clé, la perte d’employabilité.

Ce qui est certain, c’est que l’enquête du HCP conforte encore plus qu’on ne l’imaginait les griefs des entreprises à l’encontre d’un système éducatif qui s’apparente de plus en plus à une fabrique à chômage. En attendant que la professionnalisation des cursus à l’université produise les premiers effets, le contingent des diplômés au chômage continuera à grossir.

La persistance du chômage des diplômés du supérieur repose en tout cas le problème de l’efficacité des politiques publiques (au sens large) de lutte face à ce phénomène qui exige une approche globale. Elle montre surtout les limites du traitement social à travers le levier des subventions des emplois des jeunes diplômés et l’exigence de la mise en œuvre de réformes radicales dans le système d’enseignement. Par ailleurs, les programmes de reconversion à la carte, aussi efficaces soient-ils, ne peuvent pas absorber des milliers de jeunes gens qui arrivent sur le marché tous les ans.

Le chômage des diplômés a accentué le déséquilibre des rapports de force sur le marché. Faute de trouver des emplois adaptés à leur qualification, beaucoup de jeunes acceptent de travailler pour des emplois «en dessous» de leurs prétentions initiales. Les centres d’appels, par exemple, recrutent massivement des candidats bac+4 à Casablanca et dans plusieurs grandes villes du Royaume.

Nezha MAACHI
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MessagePosté le: Lun Fév 11, 2008 8:00 am    Sujet du message: La sécheresse a coûté 91.000 emplois au monde rural Répondre en citant

Emploi
La sécheresse a coûté 91.000 emplois au monde rural
Quasi-stagnation du taux de chômage en 2007

Publié le : 10.02.2008 | 13h01

En attendant un supplément de pluies dans les quelques semaines à venir, qui sera le seul garant d'une bonne année agricole, on n'en finit pas de constater les dégâts de l'année passée, qui a été particulièrement sèche.

La dernière mesure des effets de cette sécheresse nous est livrée par le Haut commissariat au Plan (HCP), qui vient de rendre publiques les données sur la situation du marché du travail, au cours de l'année écoulée. En effet, selon la dernière note d'information du HCP, l'emploi dans le secteur agricole a été frappé de plein fouet en 2007 par la rareté des précipitations.

Le monde rural a perdu l'année dernière pas moins de 91.000 emplois agricoles. Selon la même source, la baisse a été moins accentuée au niveau national, avec plus de 68.000 emplois agricoles perdus, soit une baisse de 1,6%. Le HCP a expliqué ce décalage par la création des emplois nouveaux en zones urbaines, de l'ordre de 23.000 postes, soit un accroissement de 9,1%. Mais ces nouveaux emplois n'émanent pas seulement du secteur de l'agriculture. On y compte également ceux créés dans les activités liées à la forêt et à la pêche.

Toutefois, cette perte liée à l'activité agricole a été atténuée par la création d'emplois dans les secteurs non agricoles, selon les statistiques du HCP. En somme, au cours de l'année 2007, l'économie nationale a créé quelque 128.000 emplois nets et le taux de chômage a quasiment stagné pour s'établir à 9,8% au niveau national (contre 9,7% en 2006), comme résultante d'un taux de 15,4% en milieu urbain (contre 15,5% une année auparavant) et de 3,7% (contre 3,8%) en milieu rural. La population active âgée de 15 ans et plus a progressé de 1,4% (+3% en milieu urbain et -0,2% en milieu rural), par rapport à l'année 2006, s'établissant à 11.148.000 personnes). Le taux d'activité est, quant à lui, resté quasiment stable passant de 51,3% en 2006 à 51% en 2007.

En ce qui concerne l'emploi, 167.000 postes d'emploi rémunérés ont été créés (117.000 dans les villes et 50.000 dans les campagnes). Par contre, l'emploi non rémunéré a reculé de 39.000 postes, à cause d'une baisse de 68.000 postes en milieu rural et d'une progression de 29.000 postes en milieu urbain. Cette évolution s'est traduite par l'accroissement de la population active en chômage qui s'est amplifiée par 30.000 nouveaux chômeurs au niveau national, passant de 1.062.000 en 2006 à 1.092.000 chômeurs en 2007, en hausse de 2,8%. Cette progression concerne essentiellement le milieu urbain où le niveau de chômage demeure encore très élevé, avec 22.000 chômeurs en plus. Le reste (8.000 chômeurs) est localisé en milieu rural où le niveau du chômage est «particulièrement faible», selon le HCP.

Il est à noter, ajoute-t-on, que malgré cette quasi-stagnation du taux de chômage national, plusieurs catégories de la population ont vu leur taux de chômage diminuer. Il s'agit essentiellement des citadins, exceptés ceux âgés de 25 à 34 ans, et des ruraux âgés de 35 ans et plus. En outre, il est à rappeler qu'au 4e trimestre de 2007, le taux de chômage s'est établi à 9,7% contre 10,9% à la même période en 2006. Il a baissé de 17,2% à 14,8% en milieu urbain et de 4,4% à 4,1% en milieu rural.

BTP et services, pourvoyeurs d'emploi

Au total, la création nette d'emplois (rémunérés et non rémunérés confondus) a été de 128.000 postes. Ella a concerné exclusivement les zones urbaines (146.000 postes contre une perte de 18.000 postes en zones rurales) et s'est limitée aux secteurs non agricoles. Ainsi, on enregistre 49.000 nouveaux emplois (+6,2%) dans les BTP, 54.000 emplois (4,4%) dans l'industrie et 91.000 emplois (2,5%) dans les services.

Pour le secteur agricole, l'année 2007 s'est soldée par une perte de 68.000 postes au niveau national, soit une baisse de 1,6%. Cette évolution s'est traduite par une légère baisse du taux d'emploi qui est passé de 46,3% à 46,0%, résultant d'une hausse de 0,2 point dans les villes (37,8% à 38,0%) et d'un recul de 0,9 point dans les campagnes (58,3% à 57,4%).

En zones urbaines, tous les secteurs d'activité économique ont contribué à la création des emplois nouveaux.
Ainsi, le secteur «agriculture, forêt et pêche» a contribué avec 23.000 postes (9,1%) ; les BTP, 40.000 emplois (8,3%) ; les services, 70.000 emplois (2,3%) et l'industrie, 13.000 emplois (1,3%).

En zones rurales, la perte d'emplois a été de 18.000 postes résultant d'une régression de l'emploi agricole de 91.000 postes et d'un accroissement de l'emploi non agricole de 73.000 postes. Les plus importantes créations d'emplois ont été observées dans "l'industrie y compris l'artisanat" (42.000 postes), "les services" (21.000 postes) et les "bâtiments et travaux publics" (9.000 postes).

Par Lahcen Oudoud | LE MATIN
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MessagePosté le: Mar Fév 12, 2008 5:00 am    Sujet du message: L’économie marocaine a généré 128.000 emplois en 2007 Répondre en citant

Marché du travail : L’économie marocaine a généré 128.000 emplois en 2007

Au total, 128.000 emplois ont été créés en 2007. Le taux de chômage a quant à lui quasiment stagné pour s’établir à 9,8% contre 9,7% en 2006.

Le taux de chômage a pratiquement stagné en 2007 pour s’établir à 9,8% au niveau national contre 9,7% en 2006. C’est ce qui ressort de la dernière note d’information du Haut commissariat au Plan (HCP) sur la situation du marché du travail en 2007. Selon le document, l’économie nationale a créé près de 128.000 emplois nets. En milieu urbain, le taux de chômage a enregistré une baisse de 0,1% en passant de 15,5% en 2006 à 15,4% en 2007.

Par contre, en milieu rural, le taux de chômage a enregistré une légère hausse, passant de 3,7% en 2006 à 3,8% en 2007. Au terme de l’année 2007, la population active âgée de 15 ans et plus a atteint 11.148.000 personnes contre 10.990.000 en 2006, soit une progression de 1,4%.Le taux d’activité est resté pour sa part quasiment stable en passant de 51,3% en 2006 à 51% en 2007. En matière d’emploi, 167.000 emplois ont été créés dont 117.000 dans les villes et 50.000 dans les campagnes. A l’inverse, l’emploi non rémunéré a enregistré une baisse de 39.000 postes résultant d’un recul de 68.000 postes en milieu rural et d’un accroissement de 29.000 postes en milieu urbain.

Selon le HCP, la création des emplois rémunérés et non rémunérés a concerné exclusivement les zones urbaines (146.000 postes contre une perte de 18.000 postes en zones rurales). Cette création a concerné les secteurs non agricoles, à savoir les services avec 91.000 emplois ( +2,5%) , l’industrie avec 54.000 emplois ( +4,4%), les bâtiments et travaux publics avec 49.000 postes ( +6,2%). L’emploi dans le secteur agricole a quant à lui reculé au niveau national de 68.000 postes soit une baisse de 1,6%. Le taux d’emploi a connu une baisse de 0,3% en passant de 46,3% en 2006 à 46% en 2007. Ceci résulte d’une hausse de 0,2 point dans les villes (37,8% à 38%) et d’un recul de 0,9 point dans les campagnes (58,3% à 57,4%).

En zones urbaines, le HCP a relevé que tous les secteurs d’activité économique ont contribué à la création de nouveaux emplois avec 23.000 postes pour l’«agriculture, forêt et pêche» soit un accroissement de 9,1% . Le «bâtiment et travaux publics» a engendré la création de 40.000 emplois (+8,3%), les services avec 70.000 emplois (+2,3%) et l’industrie avec 13.000 emplois (+1,3%). En zones rurales, la perte d’emplois s’est élevée à 18.000 postes résultant d’une régression de l’emploi agricole de 91.000 postes et d’un accroissement de l’emploi non agricole de 73.000 postes. Les plus importantes créations d’emplois ont été observées dans l’industrie (42.000 postes), les services (21.000 postes), les bâtiments et travaux publics (9.000 postes).

Par ailleurs, la population active au chômage a connu une augmentation de 30.000 chômeurs, passant de 1.062.000 en 2006 à 1.092.000 en 2007 soit une hausse de 2,8%. Selon le HCP, cette augmentation concerne essentiellement le milieu urbain où le chômage demeure très élevé avec 22.000 chômeurs en plus. En milieu rural où le niveau du chômage est particulièrement faible, le stock de chômeurs a augmenté de 8.000.

Malgré une quasi stagnation du taux de chômage national, il convient de constater que plusieurs catégories de la population ont vu leur taux de chômage diminuer. Il s’agit essentiellement des citadins à l’exception des personnes âgées de 25 à 34 ans ( 21,2% en 2006 à 21,6 en 2007) et des ruraux âgés de 35 ans et plus ( 2,2% à 2,3%). Pour rappel, au 4ème trimestre de 2007, le taux de chômage s’est établi à 9,7% contre 10,9% à la même période une année auparavant. Il a baissé de 17,2% à 14,8% en milieu urbain et de 4,4% à 4,1% en milieu rural.

Le 11-2-2008
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MessagePosté le: Jeu Fév 21, 2008 4:17 am    Sujet du message: Qualification de 110.000 jeunes Répondre en citant

Emploi : Qualification de 110.000 jeunes durant les cinq prochaines années

Le département de la Formation professionnelle a élaboré un programme visant la qualification de 110.000 jeunes dans différents secteurs pour lutter contre l’exclusion sociale et la pauvreté.


Le programme d’apprentissage 2008-2012 lancé par le département de la Formation professionnelle prévoit la qualification de 110.000 jeunes dans différents secteurs productifs. Ce programme ambitieux vise à faciliter leur insertion dans le milieu du travail. C’est ainsi que le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Jamal Rhmani, a présidé, samedi à Rabat, les assises de la première convention des cadres du secteur de la formation professionnelle, organisées sous le thème «Convergence des programmes d’apprentissage professionnel et l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH)».

Cette manifestation à laquelle a pris part Aziz Dadès, gouverneur coordinateur national de l’INDH, a regroupé l’ensemble des responsables centraux et locaux du département de la Formation professionnelle ainsi que les représentants des opérateurs qui participent à la mise en œuvre des programmes d’apprentissage. «Suite aux recommandations de la convention des cadres du ministère tenue les 4 et 5 janvier dernier à Marrakech, nous avons mis en place une nouvelle stratégie pour chercher les voies et moyens de renforcement de la convergence entre les programmes de l’INDH et les programmes d’apprentissage développé par le département de la Formation professionnelle», a indiqué à ALM M. Rhmani. Et d’ajouter : «ce chantier important est destiné à lutter contre l’exclusion sociale et la pauvreté. Il concerne les jeunes âgés de 15 ans qui ont été exclus du système scolaire».

Lors de cette convention, 73 projets d’apprentissage ont été présentés. Ces projets visent la formation, dans différents secteurs, de 18.265 apprentis issus des quartiers et communes visés par l’INDH durant la période 2008-2010 pour un coût global de 190 millions de dirhams. Ce système vise ainsi la qualification professionnelle des jeunes en déperdition scolaire dans de nombreux secteurs en l’occurrence l’artisanat, l’agriculture, le tourisme, les services, la pêche et le textile. Il est aussi question de sauvegarder les métiers séculaires dont l’artisanat.

Ces programmes sont réalisés en partenariat avec plusieurs ONG, les centres de formation par apprentissage intra entreprises, les chambres professionnelles ainsi que les opérateurs de formation publics et privés de formation professionnelle. L’accent sera focalisé vers les catégories sociales les plus vulnérables notamment les quartiers marginalisés et le milieu rural. L’apprentissage figure comme principal levier pour la formation et l’insertion des jeunes en rupture de scolarité dont le nombre dépasse 200.000 chaque année et qui ne sont pris en charge par aucun système de qualification et d’insertion.

Notons que les programmes d’apprentissage réalisés jusqu’à présent ont permis la qualification de près de 65.000 jeunes sans cibler pour autant les quartiers visés par l’INDH.
Cette rencontre a aussi été marquée par la signature d’une convention de partenariat entre le département de la Formation professionnelle et l’Entraide nationale pour la formation de 2200 travailleurs sociaux pour la période 2008-2012.

Lors de cette rencontre, plusieurs recommandations ont été formulées par les participants. Il a ainsi été décidé de mettre en place un Comité de pilotage et de suivi de la convergence des programmes d’apprentissage et de l’INDH au niveau du département de la formation professionnelle. Au niveau de chaque convention d’exécution des programmes d’apprentissage, un quota sera fixé en priorité aux jeunes issus des quartiers et communes ciblés par l’INDH. Il a aussi été question d’élargir l’expérience pilote de lutte contre l’exclusion sociale en cours dans certains quartiers de Casablanca à d’autres localités. Les participants ont également prévu d’introduire des outils au niveau du suivi des programmes d’apprentissage pour le recensement des apprentis issus ou non des quartiers ou communes visés par l'INDH.

Concernant l’INDH, M. Dadès a rappelé qu’au titre de l’année 2005, 1104 projets ont déjà été réalisés. Le programme de l’année 2006 a connu pour sa part le lancement de 6.127 projets dont 1365 projets relatifs à des activités génératrices de revenus (AGR). Pas moins de 5000 projets dont 581 AGR ont été lancés en 2007 et ce avec un taux de réalisation de 25%. Les actions stratégiques de l’INDH visent à répondre aux besoins urgents de formation et à renforcer le processus d’apprentissage collectif en matière d’ingénierie de formation et de compétence.

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MessagePosté le: Jeu Fév 21, 2008 4:20 am    Sujet du message: Stratégie intégrée pour la création d’emplois de qualité Répondre en citant

L’éducation et la protection sociale dans une stratégie intégrée pour la création d’emplois de qualité au Maroc

Au Maroc, comme dans beaucoup d’autre pays, la création d´emplois de « qualité » reste une préoccupation majeure du gouvernement. Le pays a réussi à réduire de manière très importante le taux de chômage qui est passé de 13% en 2000 à 9% en 2006. Cependant il reste élevé surtout en milieu urbain (15%). Mais ce n’est pas seulement un problème de quantité ; la qualité des nouveaux emplois est aussi une source de préoccupation.

Cette qualité est associée à la productivité du travail, au niveau des salaires, à l’accès à la sécurité sociale, et à la stabilité de l’emploi. Il semblerait qu’au Maroc une grande partie des nouveaux emplois créés soient des emplois précaires à faible productivité. A titre d’exemple, 90% des emplois créés depuis 2000 sont allés à des personnes non diplômées de l’enseignement supérieur. De plus, 70% des emplois nets sont allés au secteur de l’agriculture et du commerce. Or, dans le secteur agricole 50% des personnes qui se disent travailler sont en fait des « aide familiales » et 90% des emplois dans le secteur du commerce sont des emplois de nature informelle.

Le secteur informel représente aujourd’hui 39% des emplois non-agricoles.

Un autre phénomène qui n’est pas unique au Maroc est la concentration du chômage parmi les jeunes diplômés. En 2005, 59,8% et 39,8% des individus détenant un diplôme de l’enseignement post-secondaire dans les tranches d’âges 15-24 ans et 25-34 ans étaient sans emploi. En même temps, il semble qu’il existe une pénurie de compétences dans des secteurs stratégiques. Environ 20% des entreprises du secteur manufacturier considèrent la pénurie de travailleurs qualifiés comme étant une contrainte majeure à leur croissance. En effet, 35% de la population active n’a pas reçu d’éducation formelle et 75% n’a pas atteint le niveau d’enseignement secondaire.

La situation actuelle pourrait se compliquer car les pressions démographiques sur le marché du travail demeurent importantes et s’amplifient avec un taux croissant de participation des femmes au marché du travail.

Que la population en âge de travailler, par rapport à la population dépendante, augmente et que plus de femmes travaillent sont des éléments positifs, mais seulement si l’économie peut les employer.

Il y a actuellement environ 11,1 millions d’individus qui travaillent ou qui sont à la recherche d’un emploi au Maroc, la majorité étant des hommes. Les projections démographiques suggèrent que la population active devrait augmenter à un taux de 1,8% par an au cours des 10 prochaines années.

Ceci implique qu’il y aura environ 260.000 nouveaux entrants par an dans le marché du travail d’ici à 2020. Si l’on tient compte des chômeurs actuels, le Maroc devrait être en mesure de créer environ 295 000 emplois par an en moyenne d’ici 2020 pour éliminer le chômage. Or, au cours des années antérieures à 2006, le nombre d’emplois créés chaque année n’a pas excédé 190,000. On estime que pour réduire le taux de chômage, l’économie devrait se développer à un rythme d’au moins 6% par an en termes réels.

Ceci si l’on assume que les taux de création d’emploi liée à la croissance économique se maintiennent aux niveaux actuels. Mais ces taux aujourd’hui reflètent une faible croissance de la productivité du travail qui menace la compétitivité de l’économie. Si la productivité augmente, le taux de croissance de l’économie nécessaire pour réduire le taux de chômage devra dépasser les 6% par an. Si, en raison d’un meilleur accès à l’éducation et de la diminution de la fécondité le taux de participation des femmes s’accélère, la croissance de la population active pourrait s’approcher de 2,5% par an nécessitant une plus forte.

Que faut-il faire ? Il y a bien sûr besoin de politiques qui puissent améliorer la situation à court terme. Le Gouvernement a récemment lancé les Initiatives Emploi. C’est un programme ambitieux pour faciliter la création d’emplois, en particulier pour les jeunes, à travers l’accès au crédit, la formation, les services de placement, et des subventions salariales. Environ 75.000 nouveaux emplois par an sont attendus comme résultat du programme mais ses impacts et leur efficacité restent à mesurer.

Ce qui est clair, cependant, c’est qu’à elles seules ces initiatives ne suffiront pas à résoudre le problème de la croissance soutenue et de l’emploi. Pour faire face à ce problème il faut des interventions coordonnées à plusieurs niveaux.

Un travail récent du gouvernement du Maroc et de la Banque Mondiale propose une stratégie de promotion de l’emploi fondée sur trois piliers : (i) l’accumulation des facteurs de production ; (ii) « l’appropriation privée » à savoir la possibilité pour les agents économiques d’utiliser de manière efficace leurs facteurs de production et de s’approprier les retours sur leurs investissements ; et (iii) la transformation productive et l’innovation. Les politiques macroéconomiques, les politiques qui influencent le climat des affaires, les politiques d’éducation, de formation et de protection sociale ont toutes un rôle important à jouer à ces trois niveaux.

L’accumulation des facteurs de production et la croissance La création soutenue d’emplois de qualité ne peut avoir lieu sans croissance économique et donc sans investissement dans le capital physique et humain. A un premier niveau, cela implique des politiques qui garantissent la stabilité macroéconomique et qui facilitent les investissements nationaux et étrangers tout en encourageant l’épargne. Mais pour assurer l’accumulation du capital humain il faut aussi améliorer l’efficacité interne dans le système d’enseignement primaire et secondaire. On estime que les taux de déperdition et de redoublement actuels sont en train de réduire de 25% le stock de capital humain qui s’accumulera sur la période 2007-2020. Pour réduire ces taux il faut agir à la fois sur l’offre et la demande. Du côté de l’offre, la priorité sont les politiques qui améliorent la qualité de l’éducation (le renforcement de la décentralisation, la mise en place d’un système de contrôle de la qualité, etc.).

Du côté de la demande, des interventions de protection sociale sont nécessaires pour accroître la rentabilité de l’investissement en éducation pour les populations à bas revenus. Ainsi, la possibilité de développer un programme pilote de transferts conditionnels d’argent (Conditional Cash Transfers, ou CCTs) est à l’étude. Ce programme viserait à réduire l’abandon scolaire des enfants marocains les plus pauvres qui quittent l’école parce qu’ils doivent travailler ou aider leurs parents dans leurs activités professionnelles ou domestiques.

Les politiques de protection sociale ont aussi un rôle à jouer pour contrôler l’accumulation de dettes implicites liées au système d’assurance sociale et stimuler l’épargne privée. Dans ce but, la réforme des régimes de retraite est un élément important d’une stratégie intégrée pour la promotion de l’emploi.

………..
L’appropriation privée et l’utilisation efficace des facteurs.

La seconde série de mesures cherche à améliorer la capacité des entrepreneurs à mieux s’approprier la rentabilité de leurs investissements. Des conditions préalables évidentes sont de maintenir les risques macro et microéconomiques à des niveaux gérables, d’assurer une concurrence équitable et de promouvoir un environnement des affaires qui permette de maintenir les coûts d’exploitation des entreprises à des niveaux bas et prévisibles.

Les politiques de protection sociale ont un rôle très important à jouer dans ce domaine. Premièrement, elles peuvent contribuer à maintenir le coût de la main d’oeuvre à des niveaux compétitifs. Pour cela, par exemple, il faudrait contrôler la croissance du coin fiscal et social ce qui, à nouveau, fait appel à la réforme des régimes de retraite. Deuxièmement, elles peuvent faciliter la mobilité de la main- d’oeuvre, ce qui est utile à l’augmentation de la productivité. Ceci implique la mise en place de mécanismes appropriés de protection du revenu qui vont au-delà du secteur « formel » ainsi que des politiques actives du marché du travail bien définies.

En ce qui concerne la protection du revenu, le système actuel basé sur des indemnités de départ et des procédures assez rigides de recrutement et de licenciement pose plusieurs problèmes. D’un côté il n’est pas facile de suivre ces réglementations et il se peut qu’un nombre considérable d’employeurs ne les respectent pas ; ceci les rend inefficaces comme outil de protection du revenu.

D’un autre côté, pour les entreprises qui respectent ces réglementations, elles peuvent contraindre la restructuration économique et la création d’emplois, ce qui va au détriment de la majorité des individus qui ne sont pas couverts. Une alternative possible pourrait être de mettre en place des mécanismes contributifs d´assurance chômage, intégrés au régime de retraite, où les prestations seraient liées aux cotisations (voir par exemple le cas de la Jordanie). Ceci réduirait les effets négatifs de l’assurance sur la durée des épisodes de chômage et donc sur le taux de chômage moyen tout en facilitant la mobilité de la main d’oeuvre.

Quant aux politiques actives du marché du travail, elles ont un rôle important à jouer en période de transition. Les expériences internationales sont variées, souvent négatives, mais il est clair que l’impact de ces politiques dépend du contexte économique et social. Dans le cadre marocain, par exemple, les services de placement et la formation sont des politiques importantes. Il est important de mettre en place des systèmes d’évaluation d’impact rigoureux pour corriger/optimiser ces politiques et pour maximiser leur effet sur l’employabilité des individus qui en bénéficient. A cette égard, il est important de rendre opérationnel le nouvel observatoire de l’emploi.

(A suivre)
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MessagePosté le: Jeu Fév 21, 2008 4:21 am    Sujet du message: Stratégie intégrée (suite) Répondre en citant

La transformation productive et l’innovation

La troisième série de mesures vise la promotion de l’innovation et l’augmentation de la productivité pour augmenter la part des emplois à haute valeur ajoutée, pour lesquels les salaires sont plus élevés. Le Programme d’Emergence pour la promotion des secteurs stratégiques contribue de manière importante à cet objectif.

Il s’agit d’un programme visant à diversifier l’économie et à promouvoir la compétitivité dans des secteurs à forte valeur ajoutée et à vocation exportatrice. Environ 500.000 emplois devraient être créés dans le cadre de ce programme d’ici 2020.

D’autres politiques sont aussi nécessaires pour promouvoir la libéralisation du commerce, la promotion des exportations et la diversification économique.

Mais pour que ces politiques soient couronnées de succès, des réformes pour améliorer l’efficacité externe de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle sont toutefois nécessaires. En d’autres termes, il faut améliorer la capacité des institutions d’enseignement et de formation à répondre aux besoins du marché. Le gouvernement a déjà engagé des reformes importantes dans ce sens, pour donner plus de flexibilité aux institutions dans la gestion de leurs ressources, pour renforcer le rôle du secteur privé, pour diversifier les sources de financement et pour allouer les budgets sur la base d’indicateurs de performance.

Ces reformes doivent continuer et être approfondies. Par exemple, davantage d’effort doit être fait pour assurer l’autonomie des universités et des centres de formation et pour les inciter à répondre aux demandes du marché. A moyen terme, les universités devraient être capables de gérer de manière autonome leurs deux intrants » les plus importants et de les optimiser : les étudiants et les enseignants. Il faudrait aussi favoriser une concurrence plus juste entre les secteurs privé et public.

Ceci pourrait se faire si les subventions pour l’éducation sont distribuées non pas aux institutions mais aux individus. Bien sur, pour que ceci puisse fonctionner, il faudrait mettre en place des mécanismes d’accréditation ou classement des institutions d’enseignement qui servent à informer la demande ; c’est-à-dire les étudiant. Dans le cadre de la formation professionnelle initiale la structure de gouvernance pourrait aussi être améliorée pour donner un rôle plus important au secteur privé dans la définition des besoins de formation et des programmes.

Le développement de la formation en alternance est aussi souhaitable.

En ce qui concerne le système de formation continue, il faudrait mieux l’intégrer aux politiques de promotion de la compétitivité, actuellement gérées par le Ministère de l’Industrie. Pour cela, des financements alternatifs pourraient être considérés. En effet, le système actuel, basé sur la taxe à la formation professionnelle qui est gérée par le Bure