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Si Moh
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MessagePosté le: Ven Déc 21, 2007 3:43 pm    Sujet du message: Souk de Forgerons Répondre en citant




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MessagePosté le: Sam Déc 22, 2007 5:18 am    Sujet du message: Forgerons d'ailleurs Répondre en citant


Afrique


Mali


Inde
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Dernière édition par Si Moh le Mer Jan 02, 2008 2:40 pm; édité 1 fois
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MessagePosté le: Sam Déc 22, 2007 5:23 am    Sujet du message: Forgeron d'ailleurs (suite) Répondre en citant


Balcksmith d'Amérique


Forgeron d'Europe
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MessagePosté le: Dim Déc 23, 2007 7:54 am    Sujet du message: Forgerons d'ailleurs (suite) Répondre en citant


Syrie


Seine et Marne


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MessagePosté le: Dim Déc 23, 2007 8:09 am    Sujet du message: Forgerons d'ailleurs (suite) Répondre en citant


Forgeron Viking


Forge Américaine
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MessagePosté le: Lun Déc 24, 2007 4:31 am    Sujet du message: Forgeron d'ailleurs Répondre en citant


Picardie-amiens


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MessagePosté le: Mar Déc 25, 2007 5:00 am    Sujet du message: Le forgeron corse Répondre en citant

Le forgeron corse




Personnage incontournable de l'ancienne société Corse, le forgeron a laissé une trace indélébile dans la mémoire collective. Au sein de la communauté villageoise de naguère, u stazzuneru occupait une place déterminante.

Possédant des connaissances énigmatiques, parfois jugées mystérieuses, il est l'héritier d'une longue tradition de Maîtres du Feu...

Dentiste, il utilise ses pinces pour arracher les dents gâtées, et parfois médecin, il pratique des pointes de feu pour soulager les sciatiques (taglià a sciatica) et les névralgies. L'eau dans laquelle il trempe le fer est utilisée pour soigner les inflammations des yeux... Et parce qu'il connaît bien les bêtes, on fait souvent appel à lui comme vétérinaire.



Il est maréchal-ferrant (farale), bien sûr. Il forge des fers à sept trous pour les chevaux (farru cavallinu), à six trous pour les mulets (farru mulignu) et à cinq pour les ânes (farru sumerinu). De même, il forge les clous : d'abord il étirait le fer (à a prima calda s'allonga u farru), ensuite il forgeait la tête (à a siconda calda si face a chjocca).

Il est aussi charron : il procède au cerclage des roues de charrette (chjerchjatura). Il forge évidemment tous les outils nécessaires aux travaux des champs jusqu'aux socs de charrue (vùmera, vumeràle), de même que tous les ustensiles en métal destinés à la cuisine sortent de son atelier. Il est encore serrurier : c'est lui qui fabrique tous les systèmes de blocage des portes (u farru mortu): verrou coulissant (marchjone), loquet (cricca), serrure (sarrenda), heurtoir (pichju ou pichjatoghju). Il est parfois même armurier (armaru). Quelque peu mécanicien, c'est lui qui entretient les mécanismes des moulins et, plus tard, s'occupera parfois des premières voitures automobiles.

Dans le système économique d'alors, le forgeron n'est pas un simple artisan : il est bien souvent le salarié de la communauté villageoise. C'est du moins le cas dans le Cismonte (la Corse de l'en Deça des Monts - l'actuelle Haute-Corse -, par opposition à la Corse de l'Au delà des Monts, u Pumonte), dans ces Pieve di a popula e commune (La Terre de La Commune, système d'administration institué par la Commune de Gênes pour gouverner ses territoires, par opposition au système féodal du sud de l'île).

Le forgeron est engagé à l'année et en échange de son travail, il reçoit un paiement en nature (en grains, en légumes, en bois, en viande...). D'après un acte notarié passé en 1588, la commune de Belgodère, après avoir construit una Stazzona Cumuna (une forge communale), engage un stazzuneru, dénommé Antonpetru... Choisi par les villageois, ce dernier s'engage à forger et à entretenir le soc des araires, les haches (piole), les pioches (zappe), les pelles (vange) et autres instruments agricoles. Il doit ferrer les chevaux et réparer les éléments mécaniques des moulins. Il est stipulé qu'il ne doit pas quitter ses fonctions sans se faire remplacer par son frère, également du métier. En échange, chaque famille de la communauté villageoise s'engage à lui verser annuellement, et en fonction de ce qu'elle possède : quatre bacini (décalitres) de blé par paire de boeufs, un bacinu par cheval, deux bacini par moulin, une zucca (environ douze litres) de moût de raisin par pioche...

L'activité du forgeron est associée à celle d'autres petits métiers : bûcherons, récoltants de bois gras (a dedda), charbonniers, muletiers... Certaines de ces activités perdureront bien après la guerre de 1914.



Peu à peu, des lieux d'échanges s'instaurent dans les villages ou dans des passages obligés (cols ou débouchés de vallée), et à des dates précises (comme les foires de Francardu et de Niolu qui marquent le départ et le retour de la transhumance en montagne). Déjà s'esquissent un réseau de foires, qui ne sera officialisé que bien plus tard. L'argent est rare, la pratique du barattu (troc) est habituelle. Malgré la précarité des chemins et l'insécurité due au brigandage, les sentiers sont fréquentés (Les éleveurs de cochons parcourent par exemple le Cismonte et vendent leur production "sur pied" au gré des haltes).

Dés le début de l'occupation génoise, au milieu du 16ème siècle, le minerai de fer est importé de l'île d'Elbe. Au port di a Bastia, i mulateri Orezzinchi chargent leurs bêtes et cheminent jusque dans les villages les plus reculés . Là, le minerai est transformé dans des fours (ferriere) alimentés selon les régions avec du charbon de bois de chêne (a leccia), de racines de bruyère (scopa) ou d'arbousier (albitru). Le processus de réduction de l'acier est un travail long et délicat. C'est pourquoi le forgeron met de côté tous les morceaux de métal usagé, afin de pouvoir les réutiliser...

Quelques siècles plus tard, le minerai de fer est transformé en lingots dans les hauts fourneaux de Toga, au nord di a Bastia. Cette usine fonctionne durant toute la deuxième moitié du XIXème siècle. C'est à partir de cette matière première transformée mais devenue plus chère, que le forgeron devra fabriquer ses objets. Concurrencé par les produits manufacturés (clous, outils et ustensiles divers) vendus à plus bas prix par i tragulini, le forgeron doit s'adapter. Comme par le passé, il recycle pour diminuer ses coûts et économise chaque morceau de "ferraille" dont il se servira pour fabriquer tout ce dont les villageois ont encore besoin.

Le point de déséquilibre sera atteint le jour où les produits manufacturés acheminés depuis la Terre Ferme, devenus plus nombreux, plus accessibles et moins chers rendront inutiles et dérisoires les productions villageoises.

Inutiles et dérisoires en termes de capacité de production, parce que les gains générés par le travail ne permettront plus de nourrir décemment une famille. Les "petits métiers" disparaîtront peu à peu, marquant le début de l'exode rural.

Sortie d'une économie de subsistance, l'île s'enfonce à la fin du 19ème siècle dans une grave crise économique en raison de la forte poussée démographique. La Corse entame alors une lente mutation sociale qui aboutira à une forte émigration vers le Continent et vers les Colonies françaises.

La société Corse est dramatiquement bouleversée par la Guerre de 1914/18.

11 000 noms gravés sur les Monuments aux Morts témoignent du sacrifice de ses fils.

Désormais, rien ne sera plus comme avant.

Plus que partout ailleurs, la "Grande Guerre" a laissé une traînée sanglante : ceux qui en reviennent, blessés à vie et impotents, se révèlent incapables de remplacer les bras absents. Ce sont les femmes et les enfants qui assureront l'existence de la communauté.

Dans les années qui suivent, la plupart des jeunes trouveront meilleur compte à s'expatrier, lorsque chance leur sera donnée de trouver un emploi sur le Continent, ou ils s'engageront dans l'Armée...

Les terres peu à peu abandonnées au maquis, les hameaux désertés s'endormiront alors lentement...



http://couteau-corse.com/
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MessagePosté le: Mar Déc 25, 2007 5:04 am    Sujet du message: Village de Forgerons au Vietnam Répondre en citant

Da Si, le village des forgerons



Une grande partie des villageois de Da Si, province de Hà Tây (Nord), travaillent les métaux.
Une histoire qui remonte au XVIIIe siècle, quand le roi Quang Trung choisit cette localité pour y forger des armes.
À l'époque féodale, Da Si était une vraie pépinière de talents. Beaucoup de villageois étaient en effet régulièrement reçus lors des concours mandarinaux. Da Si signifie d'ailleurs littéralement "Beaucoup de lettrés" (Da = beaucoup, Si = lettrés).

À Da Si, on travaille moins la terre que le métal. Sur les 1.300 foyers, 800 vivent en effet du forgeage, 100 autres fournissant des matières premières ou se chargeant de l'écoulement des pièces. Selon Dinh Công Hoán, président de l'Association des forgerons de Da Si, c'est au XVIIIe siècle que ce métier prit racine dans la localité. À l'époque des Tây Son (1773-1792), période houleuse s'il en est, le roi Quang Trung fit installer une forge pour façonner des armes. Deux généraux, Nguyên Thuân et Nguyên Thuât, restèrent sur place et transmirent leur savoir aux autochtones. Ces deux hommes sont maintenant considérés comme des sortes de personnages tutélaires, vénérés par la population. Ils font d'ailleurs l'objet d'un culte dans le dinh (maison commune) du village.

Dans les années 1960, on estime qu'environ 40 % des foyers du village étaient forgerons. En 1963, une coopérative fut créée, qui regroupa vite les artisans les plus qualifiés. Couteaux, ciseaux, pioches, pelles et autres leviers se vendaient bien, autour du village bien sûr mais aussi dans les provinces voisines. Une décennie plus tard, le métier connut des heures sombres et vivota une quinzaine d'années. La renaissance se fit en 1986, année du lancement de la politique de renouveau socio-économique ou Dôi moi.

Aujourd'hui, les forgerons de Da Si investissent beaucoup dans la modernisation de leurs équipements, certains des centaines de millions de dôngs. La productivité du travail s'accroît, tandis que le coût à la production baisse. En moyenne, chaque atelier fabrique quotidiennement une centaine de pièces de toutes sortes.

Ces dernières années, malgré le déferlement de marchandises étrangères, les produits de Da Si ont conservé leur place sur le marché national. On les exporte aussi vers le Laos et le Cambodge. En plus de la main-d'oeuvre villageoise, les forges de Da Si emploient aussi des centaines de travailleurs venus des quatre coins de Hà Tây et aussi des provinces voisines comme Bac Giang, Nam Dinh et Hung Yên. En 2001, Da Si a été reconnu "village de métier traditionnel" par le Comité populaire provincial. Et l'Association des forgerons de Da Si a été créée dans la foulée. Avec comme objectif de rassembler les foyers d'artisans pour développer ce métier traditionnel qui fait la gloire et la prospérité du village.

Dô Thu Hà/CVN ( 30/10/05 )

http://www.studya.com/formations_metiers/metiers_hors_frontieres/forgeron.htm
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MessagePosté le: Mar Déc 25, 2007 5:15 am    Sujet du message: Forgerons du Quebec Répondre en citant

Forgerons



Façonnage d'un fer à cheval sur une enclume dans une forge à Innisfail, en Alberta, vers 1910
(avec la permission des Archives du Glenbow Museum
).

Les artisans du fer qui s'installent dans les villes et les campagnes sous le Régime français sont serruriers, armuriers, cloutiers, couteliers, taillandiers, maréchaux-ferrants ou forgerons.

Tous ces travailleurs exercent un métier spécialisé. Ils pratiquent une TECHNOLOGIE issue de la grande tradition artisanale française, un art semi-savant reposant sur la science compagnonnique européenne. Jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, un certain nombre de ces artisans du fer venus de France, ou leurs descendants installés en Nouvelle-France, sont attirés par le genre de vie des coureurs des bois. Ils s'occupent surtout de la réparation des armes et des outils dans les forts de défense et de traite, mais ils font également le commerce des fourrures en les échangeant contre des objets en fer ou des pièces de vêtements et de la nourriture. À la fin du XVIIe siècle, plusieurs associent déjà l'agriculture et l'élevage des animaux à l'exercice de leur métier du fer, et vers le milieu du XVIIIe siècle, le quart de ces artisans ont changé de métier pour devenir charpentiers, maçons, négociants ou entrepreneurs.


Upper Canada (Détail 2)Forge du Haut-Canada(oeuvre de Lewis Parker

L'APPRENTISSAGE de ces métiers, d'une durée moyenne de trois ans, auprès de maîtres artisans est alors rigoureux. L'admission dans les métiers est surtout réservée aux fils d'artisans du fer, aux descendants de gens d'autres métiers que ceux du fer, aux orphelins sous la tutelle de religieux et aux fils d'HABITANTS protégés par des personnes en autorité.

Leurs productions sont de qualité aux points de vue esthétique et technologique. Ils réalisent des formes décoratives remarquables tant par la symétrie des parties que par les motifs constitués, de même que par la complexité des assemblages à tenons et à mortaises raffermis au moyen d'agrafes et de collets. Ils travaillent pour répondre aux besoins de leurs concitoyens, mais surtout pour les communautés religieuses, les fabriques, les administrateurs, les commerçants et les familles à l'aise. Au début du XIXe siècle, dans les villes, la plupart de ces spécialités du fer tendent à s'intégrer dans un seul métier, celui de ferronnier.

Vers 1850, dans les campagnes, la boutique de forge constitue une nouvelle réalité. Sous un même toit, le forgeron s'acquitte de tous les travaux qui ont fait l'objet auparavant de spécialisations du fer et qui ne font plus vivre leurs artisans. Le forgeron remplace le maréchal-ferrant, le taillandier, le serrurier, etc., mais il arrive à moins de perfection que ses prédécesseurs dans ses pratiques. Il s'est constitué une technologie du fer à partir du savoir des divers métiers spécialisés de jadis, des secrets empruntés de forgerons immigrés - Irlandais, Écossais, Anglais - et d'ouvriers du fer ayant travaillé aux États-Unis ou en Ontario dans les petites industries ou dans des carrières et des briqueteries. La succession du père au fils ou à un membre de la parenté, comme c'est la coutume depuis le début de la colonie, est aussi un moyen de transmettre le savoir.

Cependant, à partir du milieu du XIXe siècle, il n'existe que peu d'apprentissage officialisé par un contrat auprès d'un maître, comme cela se pratiquait auparavant. Pour transformer le fer, les moyens élémentaires d'action sur la matière demeurent toujours les mêmes jusqu'à la fin des années 40 : l'air du soufflet, le feu et la forge, l'eau de trempe et les outils manuels de frappe et de préhension. Les procédés de transformation sont ceux de la chaude, du martelage et du trempage. Le forgeron fabrique des objets nécessaires à l'agriculture, à l'élevage, à la pêche, à la foresterie, au chauffage, au transport, etc. De même, il façonne des pièces décoratives ornées de motifs comme la fleur de lys, la queue-de-rat, le rinceau, le coeur, la croix, le soleil, le coq, etc.

C'est dans les boutiques de forge des campagnes au XIXe siècle et au XXe siècle que se pratique surtout la médecine populaire magico-religieuse. Les maréchaux de métier n'étant plus là pour soigner ou guérir selon un enseignement transmis par des maîtres, il se développe une médecine populaire faite de restes de pratiques scientifiques, mais aussi de croyances populaires. À côté des quelque 10 p. 100 des forgerons pratiquant encore une thérapeutique scientifique, les autres, beaucoup plus nombreux, exercent une médecine à base d'éléments naturels tirés des minéraux, des végétaux ou des animaux, ou de la magie et des superstitions magico-religieuses.

De nombreuses médications découlent de rituels d'initiation en usage chez les Compagnons du tour de France, une institution qui repose déjà sur d'autres sociétés plus anciennes, telles que les collèges d'artisans, les guildes et les corporations. Cette propension à associer la science, la magie et la religion pour guérir les animaux (voir MÉDECINE VÉTÉRINAIRE), et parfois aussi les humains, se veut sincère, mais elle répond aussi à un désir de se valoriser en mystifiant l'entourage. Issus du peuple qu'ils desservent, ces artisans en partagent aussi le folklore. Certains forgerons exercent aussi le métier de maquignon, cet art de revamper de mauvais chevaux pour les revendre ensuite à bon prix. Le maquignon a développé une science populaire faite de performances gestuelles et verbales et c'est toujours à ses risques et périls qu'un acheteur fait affaire avec ce brocanteur. En majorité installés dans les grands centres et souvent regroupés dans le même quartier, les artisans du fer jouent un rôle social assez important.

La fin du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle marquent un essor pour les forgerons de campagne. On note alors, en moyenne, un forgeron par 100 familles, soit trois à cinq dans chaque paroisse. Il s'agit d'un métier d'économie communautaire. Souvent, le forgeron ferre à raison, c'est-à-dire que les habitants s'abonnent à la boutique, en payant un prix déterminé pour l'année qui leur permet d'amener leurs chevaux aussi souvent qu'ils le désirent. De même, les clients échangent du temps et paient avec des produits de la ferme ou de la forêt; il arrive même que le forgeron prête de l'argent moyennant des intérêts annuels et qu'il revende du grain, des légumes ou de la viande reçus en paiement de son travail.

La forge du village déborde d'activités : occasions de rencontres et lieu de réjouissance où l'on fait, entre autres, des enterrements de vie de jeunesse. On y sert des leçons aux buveurs, on y pratique des jeux de force et de société, on y discute de politique, etc. Le forgeron, généralement un homme fort physiquement, est souvent celui qu'on vient chercher pour rétablir l'ordre dans la communauté. Comme il s'y connaît dans l'entretien du feu, c'est lui qui allume le feu nouveau du Samedi saint dans sa boutique et qui le transporte ensuite à l'église. Il est aussi le chef de corvée et d'entretien des feux lors du broyage du lin et il mène ses propre chevaux attelés au corbillard lorsqu'il y a un décès dans l'environnement qu'il dessert.

À travers le temps, on a voulu instaurer des associations semblables à celles qu'on retrouve en France, mais tout au plus a-t-on réussi à faire inscrire certains artisans dans des sociétés plus symboliques que corporatives. Ces associations n'exercent aucun contrôle sur la qualité et les conditions de travail. De même, le chef-d'oeuvre nécessaire à l'entrée dans le métier en France ne constitue jamais une tradition au Québec. On se contente, à partir des débuts du régime français, de faire rédiger par un notaire les clauses de l'entente intervenue entre le maître et son apprenti. Au XIXe siècle et au XXe siècle, les termes de l'engagement sont moins officialisés ou ils sont inexistants.

Le forgeron qui reçoit un apprenti se contente souvent de ne faire apparaître dans son livre de comptes que les sommes monétaires et les pièces de vêtements remises occasionnellement au jeune homme en cheminement d'apprentissage. Le folklore fait une place de choix au forgeron à travers des contes, des légendes et des chansons qui le valorisent physiquement, moralement et sexuellement. Des airs de musique folklorique accompagnant la danse lui sont aussi dédiés. La fin des activités du forgeron de type traditionnel se situe vers le début des années 50.

Certains artisans du fer trouvent encore leur place au soleil, mais leur occupation principale n'est plus l'artisanat du fer forgé sur l'enclume. Elle consiste plutôt en une technologie moderne d'atelier où l'on forge à l'électricité ou à l'acétylène. Depuis le dernier quart du XIXe siècle, des machines productrices d'objets ont commencé à remplacer les forgerons, et les véhicules sur roues caoutchoutées et les instruments agricoles ne font que peu appel aux forgerons. Petit à petit, les forgerons tentent alors de se faire garagistes ou forgerons ambulants, se rendant ferrer les chevaux dans les chantiers forestiers au Québec, en automne et en hiver, ou chez les fermiers de l'Ouest canadien durant les semailles ou les récoltes. D'autres encore s'installent dans le voisinage où se retrouvent des chevaux de course ou d'équitation. Si le forgeron des campagnes est un personnage central et un bastion de la tradition dans la société rurale, celui de la ville, d'abord intégré à l'atelier, puis ensuite à l'industrie, appartient plutôt à une ère marquée par la connaissance scientifique, et s'il a persisté dans son métier, il a dû l'adapter à l'évolution industrielle de la transformation et au travail de la fonte et de l'acier (voir SIDÉRURGIE).

Le forgeron de la boutique de forge de campagne a laissé le souvenir d'un homme fort, hâbleur, bruyant, surtout habitué à côtoyer des hommes. Sa boutique a joué un rôle social qu'il faudrait réinventer de nos jours, dans les régions rurales, pour accueillir les retraités et chômeurs qui n'ont plus de lieux de rencontre pour passer le temps depuis que le magasin général, comme la forge, est disparu.

Auteur J.C. DUPONT
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MessagePosté le: Lun Déc 31, 2007 11:30 am    Sujet du message: Ihitoussene (Tizi Ouzou) : Les forgerons, ces dompteurs Répondre en citant

Ihitoussene (Tizi Ouzou) : Les forgerons, ces dompteurs de fer

“Nous achetons du coke, un charbon de très mauvaise qualité, à un prix inabordable de 6 000 DA le quintal !” dira Dda Hamou, un vieux forgeron qui exerce depuis plus de cinquante ans à Mechedallah (ex-Maillot).
jeudi 1er juillet 2004.

En plus du prix du charbon, Dha Hamou doit aussi prendre en charge le transport à partir d’Alger ou de Béjaïa. C’est un cri de détresse que lance la quasi-majorité des forgerons d’Ihitoussène qui se sont installés, il y a plus d’un demi-siècle, dans la plupart des bourgs et villes à vocation agricole de l’est du pays. Comme Dda Hamou, Dda Salem, Dda Salah, Dda Saïd, forgerons au chef-lieu de la commune de Bouzeguène et, plus encore, Dda Slimane à Sidi-Aïssa, Mohand Ath Moussa à Bordj-Khris, Dda Ouramdhane à M’sila ou encore Dda L’hadj Lakhdar et El-Hadi à Azazga et bien d’autres à travers plusieurs villes de l’Algérie profonde croient dur comme fer que leur métier se meurt peu à peu. Le métier de forgeron est physique. Le nez dans la fumée et l’odeur du sabot chauffé par le feu brûlant. dans ce métier, il ne faut pas avoir peur de se salir et de travailler dans un local où tout objet vous souille. La souillure de la forge est sans effet sur votre santé. Ah ! comme la nourriture est délicieuse avec ces mains noircies de charbon et de rouille !

Mieux encore, les premiers forgerons ne louaient pas d’appartement. La forge servait de lieu à la fois de travail et de repos, après avoir étalé son paillasson dans un coin du local exigu. Dda Hamou, comme Dda Mohand à Aïn boucif et l’on se rappelle feu Akli à El-Omaria, Dda Arab à Bourrouaghia, eux n’abandonnent presque jamais leur forge. Occupés dignement durant une soixantaine d’années à travailler le métal et Dieu sait combien il était rude. Mais rien n’y fit, ils ne quittèrent à aucun moment ce lieu mystérieux et mythique. Après les journées de travail, c’est dans la forge qu’ils se lavaient et se reposaient jusqu’au repas du soir.

C’est un lieu indispensable pour se remonter physiquement et moralement, ingurgitant quelques gorgées de café qu’ils tiraient d’un thermos vieilli et noirci par la fumée. C’est au hammam (bain maure) qu’il se décrassaient, la veille de leur retour au village, pour retrouver leurs familles après plusieurs mois d’absence. C’est au siècle dernier et jusqu’après la guerre d’indépendance que l’importance de la forge a atteint son apogée. Le fer détenait un rôle important. Le forgeron (ou) le maréchal-ferrant exerçait une profession primordiale pour l’agriculture, mais aussi pour la sécurité de toutes les demeures. Ils étaient considérés comme des “sorciers”. Le fer garantissait comme de nos jours la sécurité des maisons et des villes. On fabriquait des chaînes, des cadenas, des serrures, des clous de portail et des portes doublées. Cependant, le maximum de temps était investi dans la fabrication du fer à cheval.

D’aucuns n’ignorent pas que pendant longtemps le cheval et le mulet étaient les seuls moyens de transport. On vivait uniquement du produit de l’agriculture. Le ferrage des bêtes était donc indispensable. Celui du cheval nécessite de l’adresse, mais aussi de la rapidité. Sauf pour la première fois où l’on ferre un cheval, il faut d’abord déferrer. On dérive les clous qui maintiennent le fer en place sous le sabot à l’aide d’un dévidoir (en langage clair, on les étête), puis on ôte le fer usé avec une tenaille. On nettoie le dessous et on coupe la corne qui a poussé depuis le dernier ferrage. Cette opération s’appelle parer le pied et elle s’exécute à l’aide d’une maillote. Le nouveau fer devrait être ajusté au pied du cheval par un travail à l’enclume. L’ajustage achevé, le fer est ensuite posé et rivé avec des clous en les rabattant vers le bas sur le sabot et en les incrustant dans celui-ci pour qu’ils ne bougent plus.

(A suivre)
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MessagePosté le: Lun Déc 31, 2007 11:32 am    Sujet du message: Les forgerons, ces dompteurs de fer (suite) Répondre en citant

Un village, un forgeron, une épopée

L’histoire du village d’Ihitoussène débuta avec ce forgeron venu s’installer sur cette terre du “saint Sidi Moussa”. On raconte qu’il avait été reçu à bras ouverts, car on le savait très utile. C’est à partir de ce jour que le village grandira et connaîtra des moments intenses, riches en activité. La renommée des Ahitos ira au-delà des plus lointaines contrées de la Kabylie. Avec une enclume, un soufflet, des marteaux et des pinces, la forge des Ahitos allait prospérer et devenir l’épicentre des habitants des régions les plus éloignées.

De l’unique enclume de la première forge, on fabriquera des dizaines d’autres pour les revendre à d’autres forgerons venus acquérir cet outil essentiel au métier. En conséquence à la prospérité de la forge d’Ihitoussène, six autres enclumes seront installées pour faire face à la demande sans cesse grandissante des objets de fer. Les autres forges qui ouvraient ici et là ne pouvaient se faire que si les propriétaires venaient s’approvisionner en matériel (enclumes, marteaux, pinces et même des soufflets) à Ihitoussène non sans avoir effectué un stage dans la forge aux “sept enclumes”, ainsi dénommée.

Sanglés de leurs tabliers de cuir fauve, muscles à l’air libre et rivières de sueur au front, les forgerons frappent à coups redoublés. Quand on est devant le four, le fer rougi n’attend pas, tout est compté. Le forgeron sort le fer incandescent, assure sa prise avec la pince et quelques rebonds à vide sur l’enclume, puis assène le premier coup. En face, le frappeur enregistre l’ordre. Il lève la masse. Ainsi commence la partition entre le marteau et la masse, aplatissant, arrondissant, courbant le fer jusqu’à lui donner la forme voulue. On ne peut parler pendant le travail à cause du bruit et les mots ne seraient pas assez précis.

Le rythme imprimé par le marteau est un ordre au frappeur : plus fort, continue, arrête... D’autre part, ce tempo régulier permet d’éviter qu’on se ramasse le marteau d’en face dans la figure. C’est un véritable concert qui s’installe. La musique des marteaux sur le fer et sur l’enclume est si claire dans la fumée du charbon et le grésillement âcre des sabots brûlés qu’elle s’oublie au fil des heures de travail. La forge des Ahitos, qui est l’une des premières de la Kabylie et même d’Algérie, a vu passer plusieurs générations de forgerons et d’apprentis.

Dans le village, le métier se transmet de père en fils. Au demeurant, cela ne diminue pas le prestige des forgerons d’Ihitoussène. On sait faire la différence entre le bon produit et le moins bon. On est avide de perfectionnement. Pour cela “la main des Ahitos est inégalée, et il n’existe aucun artisan qui peut rivaliser d’adresse avec ces dompteurs de fer”, ne cesse-t-on de répéter.

Sur un autre plan, celui-ci héroïque, les forgerons d’Ihitoussène ont marqué de leur empreinte les insurrections d’abord de la Lalla Fatma n’Soumer et ensuite celle d’El-Mokrani en 1871, en fournissant des armes qu’ils fabriquaient eux-mêmes, mais aussi des hommes, dont plus d’une quarantaine sont tombés au champ d’honneur, notamment durant la bataille des Icheridène. Il furent enterrés tous, en ce temps-là, dans le vieux cimetière d’Anar au village. que tous ces hommes, morts pour leurs pays, reposent en paix et que leur métier puisse encore se perpétuer ! il y va du prestige et de la gloire du village.

Pour cela, une association culturelle dénommée Sevâa Zvari (les sept enclumes) Ihitoussène a été créée pour restaurer et perpétuer ce métier, considéré comme la racine du village. Le journal de l’association, Tiftilt, et qui s’est arrêté au 2e numéro, permettait de véhiculer toutes les informations à la fois sur la forge et sur le village.

Ce métier traditionnel, bien sûr, continuera toujours à exister aussi longtemps qu’existera l’agriculture. On ne pourra jamais se passer du forgeron pour arranger sa faucille, aiguiser ses couteaux, ses haches, ses pioches et même ses socs de charrue pour les labours traditionnels (animaux de trait) qui existent encore sur nos montagnes inaccessibles aux tracteurs.

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MessagePosté le: Lun Déc 31, 2007 11:34 am    Sujet du message: Les forgerons, ces dompteurs de fer (suite) Répondre en citant

La décadence d’un métier

Il y a une vingtaine d’années, on avait pensé renforcer la pratique de ce métier par la construction d’une grande forge au chef-lieu de la commune de Bouzeguène. Le local a été réalisé puis abandonné. De plus, le métier de forgeron n’existe même pas dans la nomenclature du ministère de la formation professionnelle.

Des jeunes, dans le cadre de l’apprentissage, ne sont envoyés chez ces forgerons que pour apprendre la soudure ou la serrurerie. À Bouzeguène, seule la forge continue encore à subsister. La maréchalerie a disparu avec celle de l’âne, du mulet et du cheval. Ces animaux qui, jadis, étaient quotidiennement au service de l’homme, ont été abandonnés, remplacés par les fourgons.

Aujourd’hui, les forgerons d’Ihitoussène et tous ceux d’Algérie se débattent dans d’inextricables problèmes d’approvisionnement en matière première (le fer sous toutes ses formes) et en combustible (le charbon). Ces deux produits sont cédés non pas par l’État mais par des patrons d’entreprises privées, d’une part, et par une multitude d’intermédiaires, d’autre part, lesquels sachant leurs produits non périssables s’adonnent librement à leurs appétits voraces en spéculant sur des matériaux qui n’ont pas de substituts.

Durant les années 1960 et 1970, en plus du fait qu’ils étaient dispensés de taxes et bénéficiaient d’amortis en fiscalité, les forgerons achetaient du très bon charbon riche en matières volatiles et donc résistant, pouvant être ravivé même après plusieurs heures de non-activité du foyer. Le seul combustible qu’ils trouvent maintenant, c’est du coke, obtenu après la distillation de la houille et qui est très pauvre en matières volatiles.

Le forgeron doit tout le temps souffler et secouer les braises qui s’éteignent rapidement. Dans les pays d’Europe, ce coke est un déchet sans grande valeur. Ici, il est cédé à ces malheureux forgerons de 5 500 à 6 500 DA le quintal, en plus bien sûr du transport. On ne connaît pas son prix réel, mais il est certainement multiplié par 2.

Les forgerons d’Ihitoussène installés à travers toutes les wilayas de l’Est algérien ne rêvent que de renforcer toutes les activités aussi bien de la forge que de la maréchalerie. Pour cela, ils attendent des signes, mais aussi une aide de l’État car, somme toute, ils sont les partenaires des agriculteurs et offrent à l’homme tout ce dont il a besoin pour son confort et sa sécurité.

Par C. Nath Oukaci, Liberté
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MessagePosté le: Mer Jan 02, 2008 3:13 pm    Sujet du message: Le Forgeron au Tafilalt Répondre en citant

Le fer forgé

Comme dans la plupart des pays africains, les forgerons occupent une place particulière au sein des différentes sociétés traditionnelles. Dans le Tafilalt, lieu de provenance de la plupart des produits présentés, l’activité des forgerons est essentielle à l’harmonie des modes de subsistance. En effet, dans une économie rurale basée exclusivement sur l’agriculture (production céréalière et dattière), l’ensemble des outils agricoles est fabriqué par ces forgerons (essentiellement dans la ville de Rissani).

On distingue deux types d’artisans : les forgerons proprement dit qui transforment la matière première et les artisans-forgerons qui fabriquent les objets. Ces derniers confectionnent principalement les outils des paysans et les fenêtres des habitations. Celles-ci reproduisent, en fer forgé, les motifs des anciens moucharabieh en bois.

Certains forgerons se spécialisent dans la production d’objets artisanaux à l’image des miroirs ici présentés. Les modèles varient et chaque artisan renouvelle régulièrement les articles qu’il propose.
Il convient de souligner que cette production est très généralement réalisée en parallèle de la fabrication d’objets de la vie courante, principal revenu des forgerons du Tafilalt.



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MessagePosté le: Ven Jan 04, 2008 5:44 am    Sujet du message: Forgerons d'ailleurs Répondre en citant


Forgerons du Népal

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MessagePosté le: Ven Jan 04, 2008 5:47 am    Sujet du message: Forgerons d'ailleurs Répondre en citant


Niger

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