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Si Moh
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MessagePosté le: Jeu Nov 15, 2007 4:56 am    Sujet du message: Emigration Répondre en citant

Émigration

(Extrait d’une étude du projet RBOSM)

Le surpeuplement des oasis s’est notamment traduit par une importante émigration définitive tout au long du XXème siècle. Les gens du Dra et du Tafilalet sont en grand nombre dans les campagnes et les villes de l’Atlantique.

Depuis fort longtemps, les palmeraies du Sud faisaient l’objet d’un départ de flux migratoires aussi bien nationaux qu’internationaux. Toutefois le courant migratoire qui s’est amorcé, dès les années 60, à destination des pays industrialisés de l’Europe ou des pays arabes, a été précédé par d’autres flux orientés vers l’Algérie (arrêté après la guerre des sables en 1963).

L’émigration est de deux types : une émigration interne et l’autre externe (internationale).

A. L’émigration interne se présente sous trois formes, en fonction de la durée et de l’absence : saisonnière, temporaire et définitive.

A.1. L’Émigration saisonnière
Ce type d’émigration est très ancien et il s’est développé à partir des années 20, période à laquelle les plaines marocaines connaissaient l'extension de la céréaliculture d’un côté et l’instauration de la sécurité de l’autre.
…..
Ce type d’émigration qui a duré jusqu’au milieu des années soixante est actuellement sans importance . Il a décru d’une manière brutale à cause de la mécanisation de l’agriculture qui dans les régions précitées ne requiert que peu de main-d'œuvre.

Dans certains cas, l’émigration saisonnière se transforme en émigration temporaire notamment pour les hommes moins âgés, capables de travailler ou ayant la chance de trouver un travail.

A.2. L’émigration temporaire
Ce type d’émigration concerne les gens qui quittent les palmeraies pour une période relativement longue, mais y reviennent d’une manière régulière, en particulier pour les fêtes.

Dans les palmeraies du sud, les départs temporaires vers l’intérieur sont généralement plus nombreux. En 1966, ils concernait près de 13000 hommes, soit le neuvième environ de la main d’œuvre masculine.

Depuis quelques années, l’émigration temporaire interne a connue des changements tant au niveau des destinations qu’au niveau des professions. Actuellement la majorité des migrants se dirigent vers les grandes villes marocaines (Casablanca, Meknès, Fès, Marrakech et Agadir). Une grande partie de ces migrants travaille dans le bâtiment, l’artisanat et la fonction publique.

A.3. L’émigration définitive
L’émigrant s'installe définitivement, en famille, dans la nouvelle destination et quitte son ksar. C’est le cas de quelques originaires de ces palmeraies qui s’adonnent depuis longtemps au commerce et à certaines activités spécifiques dans des villes telles, Casablanca, Marrakech, Meknes, Rabat.

L’ampleur de la migration définitive était souvent lié aux catastrophes naturelles, particulièrement la sécheresse. Au début du siècle, il a y eu des départs massifs de familles entières suite aux famines qui ont sévi, après la crise de 1929. Le même phénomène s’est reproduit après 1946.

Qu’elle soit temporaire, saisonnière ou définitive, l’émigration des populations des palmeraies du sud a pu rétablir, des années durant, l’équilibre entre la population et les ressources de ce milieu hostile.

L’impact économique de l’émigration vers l’intérieur du pays se réduit d’année en année, à cause de la crise qui sévit dans les grandes villes du pays. Ainsi l’émigration temporaire cède la place à l’émigration internationale et cette dernière devient un des vecteurs de développement dans ces oasis.
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(A suivre)
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Dernière édition par Si Moh le Jeu Nov 15, 2007 5:01 am; édité 1 fois
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Si Moh
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MessagePosté le: Jeu Nov 15, 2007 4:59 am    Sujet du message: Emigration (suite) Répondre en citant

B. La migration internationale

L’émigration des travailleurs originaires des palmeraies du sud vers l’Europe Occidentale et particulièrement vers la France, est relativement ancienne puisque les premiers départs remontent déjà aux années trente. Mais elle est restée de faible ampleur et il a fallu attendre les années soixante et le début des années soixante-dix pour qu’elle prenne une autre dimension.

Avant 1963, l’émigration internationale dans les palmeraies du sud à part celle orientée vers l’Algérie était faible et ne concernait pratiquement que les anciens combattants ayant servi la France en Indochine et pendant la deuxième guerre mondiale.

En revanche, depuis cette date, l’émigration internationale a pris une autre dimension. Les recrutements répétitifs qu’opérait le représentant des charbonnages de France reste un symbole gravé dans la mémoire sociale. Le personnage (Felix Mora) est entrée dans les annales locales, tantôt comme symbole de richesse, tantôt comme celui des malheurs générés par l’expatriation.

Cette émigration, qui était dirigée principalement vers la France est régie par l’accord de 1963 conclu entre la France et le Maroc. Elle s’est étendue ensuite aux autres pays Européens, particulièrement aux Pays-Bas, à la Belgique et à l’Allemagne à partir de 1968.

Quoiqu’il en soit l’émigration internationale joue un rôle très important dans l’économie locale et affecte de façon perceptible l’espace. Au delà de l’assistance financière aux familles restées sur place, les transferts financiers des Travailleurs Migrants à l’Etranger originaires des palmeraies du Sud sont devenus dans certaines oasis le vecteur de développement agricole.

Le surpeuplement de ces oasis et le retard enregistré en termes d’infrastructure, de santé et d’éducation, sont à l’origine des flux migratoires qui alimentent d’autres régions et villes du pays ; d’où la nécessité de consentir d’avantage d’efforts de développement.

Cependant, cette émigration internationale concerne d’avantage la province de Ouarzazate plus qu’Errachidia et au sein même de la province de Ouarzazate, on relève des disparités entre les diverses composantes de cette province.

Le Dadès-Todrha et le Dra sont les deux grands foyers de l’émigration internationale dans la réserve. Mais au delà de cette constatation globale, il est nécessaire de noter qu’à l’intérieur de chacun de ces deux foyers, le nombre d’émigrés varie largement d’une commune à l’autre.

B.1. Dans le Dadès,
l’émigration internationale s’intensifie de l’amont vers l’aval. Trois zones migratoires sont précisées: Territoire des tribus Aït Atta, Territoire des Aït Sedrat Sahel et des Mgouna et enfin la zone montagneuse.

Les tribus Aït Atta occupent les deux communes rurales de Khmis et de Boumalne. L’émigration internationale atteint en moyenne 8 personnes pour 100 habitants et 41,6% de la population masculine active.

La France est le premier pays d’emploi pour la majorité des travailleurs dadssi, suivie des pays Bas et de la Belgique. Les autres pays européens et les pays arabes n’ont attiré qu’une minorité de migrants.

A Boumalne les départs sont particulièrement précaires. Les familles sans terres sont nombreuses car elles dépassent 20% et les départs constituent la principale source de survie.

Une participation active des Aït Seddrate Sahel et des Mgouna

Les communes de Mgouna (Kalaa, Irhil n’oumgoun et A. Ouassif) et celles des Aït Seddrate Sahel correspondent à la basse vallée du Dadès. Dans les communes les surfaces agricoles utiles cultivées représentent environ 52 % de la S.A.U.C de l'ensemble du Dadès.
…..
En effet, d'importantes différences peuvent être enregistrées selon les ksours en ce qui concerne l'émigration internationale. Or, Si tous les ksours sont concernés par l'émigration, 4 d'entres eux y participent d'une manière significative: Aït Boubker et Tawrirte dans la fraction d'Aït Rbamaia (Sedrate charkia).

Dans les Mgouna, l'émigration décroît d'amont en aval. Le domaine de Mgouna est subdivisé en trois parties correspondant à trois échelles d'altitudes, trois genres de vie. Les Aït Mrao, éleveurs riches du secteur montagnard, les Aït Ahmed, sur le cours moyen, plus pauvres et les Aït Oassif, cultivateurs de basse vallée.
…..
A mesure que l'on quitte les basses vallées en direction de la haute montagne l'émigration décroît sensiblement.

B.2. L'émigration dans la vallée du Dra:
une alimentation prépondérante par les Oasis d’amont

On distingue trois types d'oasis qui alimentent les flux de départ dans l'ensemble du Dra.

B.2.1. Mezguita et Tinzouline

B.2.2. Ktaoua et Mhamid

B.2.3. Oasis de Ternata et de Fezouata
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MessagePosté le: Jeu Nov 15, 2007 5:05 am    Sujet du message: Emigration (suite) Répondre en citant

C. Le revenu de l’émigration : des transferts importants et réguliers

Toutes les études qui ont abordé les transferts des travailleurs migrants, montrent l'attachement des Marocains à leur milieu d'origine. Cet attachement se traduit par la forte tendance des travailleurs au transfert, puisque la valeur même de l'émigration d'un travailleur est considérée en fonction des sommes des fonds envoyées ou rapportées au pays. Et lorsque le transfert est absent, la malchance explique aux yeux des voisins et des proches tout ce qui apparaît négatif dans l'émigration.

Dans les régions du sud du Maroc, un proverbe dit "quand tu pars â l'étranger, peu importe le temps passé là-bas, ce qui compte, c'est ce que tu as rapporté; on te juge à cela".

Comme le nombre total des travailleurs de Dadès et Draa à l'étranger est estimé à 7100 émigrés et sachant que chaque travailleur transfère environ 12 000 Dh chaque année, le transfert total de cette communauté serait de 85000000 de Dh. A ce chiffre, il faudrait ajouter les sommes rapatriées par des travailleurs émigrés qui effectuent le retour annuel au pays. Les allocations familiales perçues pour les enfants d’émigrés restés au pays, et la somme transférée par les canaux souterrains peuvent être additionnées au montant envoyé. Les revenus migratoires injectés dans le bassin du Dadès et du Dra peuvent être estimés à plus de 120 millions de Dh pour la vallée du Dadès et à plus de 90 millions de Dh pour celle du Dra.

Dans les vallées du Dadès et du Dra et à l'instar des autres régions de départ, ces transferts de marchandises se sont fortement développées ces dernières années. La surcharge des voitures des émigrés lors du retour annuel donne une idée de l'importance des transferts effectués sous la forme de marchandises.

Ces achats des T.M.E ne sont pas destinés uniquement à la famille; ils alimentent de plus en plus un commerce actif et permettent d'amortir une partie des frais de voyage. L'observateur qui prend contact avec les centres urbains du Dadès et du Dra s'étonne de l'ampleur et de la variété des produits importés et exposés à la vente dans les souks et même parfois dans des magasins, surtout pendant l'été. Ces produits importés de l'étranger sont en général des articles électroniques et électroménagers, des pièces détachées, des tissus de soie, des produits de beauté, sans parler des vêtements et des tapis. Ces produits connaissent un véritable succès auprès des populations ksouriennes.

L'augmentation constante de l'effectif de chômeurs et de retraités parmi les travailleurs émigrés a fortement contribué au développement de ce type de transfert. Certains émigrés ont tendance à se transformer en véritables commerçants effectuant le va-et-vient entre l'étranger et la région plusieurs fois dans l'année.

Une étude faite par l'O.R.M.V.A.O, en 1994 sur les revenus agricoles fait ressortir que le revenu moyen des exploitations agricoles s’établit a 5800.00 Dhs/ an pour une SAU de 0.75 Ha.

Si on compare ces revenus tirés de l'activité agricole aux transferts migratoires, on constate que ces derniers sont deux fois supérieurs aux revenus agricoles dans la vallée du Dadès, et représentent plus de la moitié de la valeur de la production agricole dans celle du Dra.

Une part importante de revenu du travail des émigrés est épargnée, l'essentiel des transferts est affecté surtout à la consommation. Ceci s'explique par la motivation même de l'émigré qui a pour objectif principal d'améliorer sa situation matérielle et d'assurer la subsistance de sa famille restée au pays. C'est ainsi que l'envoi régulier d'argent sert d'abord à la consommation courante de la famille restée au pays d'origine. Tandis que le transfert sous forme d'épargne sert à la réalisation de projets à moyen et à long terme des Travailleurs Marocains à l’Etranger (TME).

Ce sont des investissements improductifs, mais de reproduction sociale. Outre la satisfaction directe des besoins de la consommation, on peut distinguer quatre autres pratiques chez les émigrés : la construction d'une maison, l'achat d'une voiture, le mariage et le pèlerinage à la Mecque (Hadj).

La moyenne annuelle des économies sur les salaires envoyée par émigré atteint 12000 Dh chaque année. Cela représente un revenu extérieur par famille composée de 6,5 personnes en moyenne (d'après le recensement de 1982).

A cette somme transférée, peuvent s'ajouter d'autres types de ressources : les allocations familiales perçues pour les enfants restés au pays, les revenus d'une petite exploitation agricole, ou ceux apportés par d'autres membres de la famille touchés par l’émigration intérieure.

Mais la contribution des revenus migratoires dans le budget global de la famille reste très forte, puisque d'après notre enquête auprès des ménages migrants, les revenus migratoires constituent la seule source de revenus de 22,6 % des ménages, plus de 85 % de l'ensemble des ressources de 65,2 % des familles et entre 40 et 60 % des ressources pour 12,2 % des ménages.

L'achat ou la construction d'une maison représente le domaine privilégié vers lequel se dirige l'épargne des migrants. Cette affectation reste prioritaire puisqu'elle absorbe à elle seule 58,3 % des investissements réalisés par les émigrés en milieu rural. Tous les émigrés ont déclaré avoir consacré une partie notable de leur épargne à la construction d'une maison.

L'investissement dans les secteurs productifs affectent trois secteurs: le secteur agricole, les entreprises non agricoles et les services.

L'achat des terres agricoles est le second secteur d'investissement des travailleurs émigrés à l'étranger. L'importance qu'occupe ce secteur chez nos émigrés se traduit par la place qu'il occupe dans l'ensemble des investissements réalisés (31%).

Le secteur de service et de commerce apparaît comme le troisième domaine privilégié par les émigrés. Il répond ainsi à leur objectif qui a toujours été d'exercer une fois de retour au pays, une activité indépendante. Par ailleurs, la recherche du profit immédiat, conduit souvent le migrant à investir dans ce secteur. Cette pratique aboutit à une multiplication des petits commerces à valeur ajoutée quasiment nulle.

En revanche, l'investissement dans la création des entreprises industrielles est nul.
Une part importante de ces réalisations est généralement investie dans le village d'origine, soit dans le logement ou bien dans l'agriculture, afin d'agrandir ou d'améliorer la propriété familiale.

Concernant les autres régions d'investissements des travailleurs, il faut noter que dans la plupart des cas, ce sont les villes qui attirent le reste de réalisations du premier rang.

La totalité des projets réalisés par les travailleurs émigrés du Dadès et du Dra est financée presque totalement par les revenus tirés de l'émigration, soit 97 % des investissements. Ainsi la plus grande partie des T.M.E (environ 92,6 %) qui ont réalisé des projets, n'ont pas eu recours aux crédits bancaires.

Le financement des réalisations par les revenus de la migration varie selon la nature de la réalisation, mais il est généralement élevé. Elle est d'au moins 80 % pour le commerce et les services, 95,6 % pour la construction d'un logement et de 99% pour l'achat des terres agricoles. Pour l'achat de matériel agricole, la part de l'émigration est d'environ 70 %.

L'insuffisance, voire l'inexistence d'autres sources de revenus chez les T.M.E, ainsi que le financement étape par étape des projets explique cette forte participation des revenus migratoires dans le financement des projets réalisés par les T.M.E.

Cette réalité n'est pas unique chez les travailleurs émigrés du Dadès et du Dra, elle est presque générale chez les travailleurs émigrés Marocains.

L’émigration, en général et internationale en particulier était nécessaire pour soutenir l’activité agricole. Elle a largement contribué à l’amélioration des conditions de vie des populations et au développement agricole.

Cependant, on atteint la fin de l’âge d’or de l’émigration internationale, et les générations d’émigrés, qui ont contribué au développement de ces oasis, s’approchent de la fin de leurs vies et il n’est pas sûr que leurs enfants reprennent le relais.

Il est donc temps de reconsidérer la place qu’on accorde à l’émigration internationale dans la politique de développement local.,, puisqu’elle n’est pas une ressource durable.

http://rbosm.africa-web.org/EMIGRATION.html



Pour des données plus récentes sur les impacts socio-économiques des migrations voir :

- Migration et développement au Maroc : Quelles perspectives ?
Communication du Professeur Mohammed NADIF
Université Mohammed V Rabat- Souissi- Maroc
Membre du Bureau executif de l’Association Marocaine
d’Etudes et de Recherches sur la Migration (A.M.E.R.M)


- The impact of international migration on social and economic development in Moroccan sending regions:
a review of the empirical literature
Hein de Haas
International Migration Institut
Year 2007

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MessagePosté le: Sam Jan 19, 2008 7:35 am    Sujet du message: Nouvelle publication sur l'histoire du Dadès Répondre en citant

Nouvelle publication sur l'histoire du Dadès

Un nouvel éclairage sur l'histoire de la région, par Prof. Faima Amraoui de Maayache près de Kelaa Mgouna.





www.boumalne-dades.info
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