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Si Moh VIP-Leader


Inscrit le: 26 Sep 2007 Messages: 5705 Localisation: Addis Abeba
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Posté le: Mar Déc 25, 2007 6:30 am Sujet du message: Cherté de la vie en afrique |
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Cherté de la vie en afrique
Le Maroc 9e de sa classe
La dépense nominale par habitant est de 1.952 dollars
En examinant les indices de niveau de prix dans plusieurs pays africains, il était clair de constater que le Maroc devrait réfléchir un peu plus à ce que lui recommande le FMI s'il veut assurer un niveau de vie plus heureux à ses citoyens.
S'il est intimidé par l'accumulation annuelle d'une mauvaise récolte agricole, la masse monétaire en circulation pourrait être au moins un peu plus limitée en resserrant les robinets crédits. La demande intérieure pourrait être sainement soutenue par des salaires plus élevés que par des facilités d'endettement des ménages, a constamment recommandé le FMI.
Dans quels États africains le coût de la vie est-il le moins élevé ? Un indice sur les niveaux des prix en Afrique (48 pays) affichant une valeur de 1,18 sur un taux de référence de base de «1» a référé au Maroc le rang de 9ème pays du continent où la vie est des plus chères. Le pays le plus cher se trouve être le Zimbabwe avec un indice de 2,32 et le moins cher l'Égypte avec un indice de 0,58.
Ce n'est pas le FMI qui le dit, mais des chiffres qui ressortent d'une étude relevant d'une série d'enquêtes et d'études que le premier statisticien au Maroc, le Haut Commissariat au Plan (HCP), a réalisé sur les quatre dernières années. Des recherches qui ont porté sur les prix des biens et services de consommation, de l'enseignement, des services de santé, des médicaments, du logement, des biens d'équipement et de la construction, et à la décomposition du PIB en postes de dépenses élémentaires. Ce n'est pas nouveau, mais le hic cette fois est que l'étude a été accomplie sur la base de la parité du pouvoir d'achat (PPA) pour permettre la comparaison, très exacte, avec d'autres pays. Un programme similaire a été de plus réalisé dans le cadre d'un partenariat avec la Banque mondiale et la Banque africaine pour le développement dans 48 pays africains sur 53, explique le HCP.
Cette même étude a révélé que la dépense nominale par habitant au Maroc, exprimée usuellement et universellement en dollar américain, est de 1.952 dollars, classant ainsi le Marocain comme le 10ème dépensier de l'Afrique (sur 48 pays). Le plus haut niveau revient à la Guinée équatoriale avec 6.538 dollars et le plus faible au Burundi avec 120 dollars. L'étude du HCP a révélé encore que sur 48 pays, 34 réalisent une dépense nominale par habitant inférieure à 1.000 dollars et 6 autres des dépenses nominales supérieures à 3.000 dollars. S'agissant de la dépense réelle par habitant, le Maroc conserve son dixième rang avec 1.651 dollars. Le premier rang revient au Botswana avec 5.434 dollars et le dernier à la République démocratique du Congo avec 119 dollars. Parmi les 48 pays concernés, 5 dépassent le seuil des 3.000 dollars et 32 sont en deçà des 1.000 dollars.
Par rapport à un autre indicateur du niveau de vie marocain, le PIB réel, soit celui calculé en termes de dépenses contrairement au PIB nominal qui est lui produit en termes de revenus et de dépenses, le Maroc occupe le 4ème rang en Afrique selon l'étude du HCP. Le classement selon le produit intérieur brut réel des 48 pays africains qui ont participé à ce programme confère au Maroc, à croire l'étude du HCP, le 4ème rang avec pratiquement 6% du total des dépenses en Afrique.
Le Royaume est dépassé par l'Afrique du Sud (20,6%), la République arabe d'Égypte (20,3%) et le Nigeria (13,3%). 37 pays africains sur 48 ne contribuent que par moins de 1% chacun au total des dépenses en Afrique et les dépenses de six pays se situent entre 2% et 4,3% parmi lesquels le Soudan (4,27%) et la Tunisie (3,15%). Au Maroc, le PIB réel devrait plus que doubler en 2008. Ce n'est pas le constat du HCP, mais c'est une prévision faite par le Fonds monétaire international (FMI), selon laquelle le PIB réel devrait passer de 2,5% en 2007 à 5,9% en 2008.
Parité du pouvoir d'achat
Quand on veut comparer devise, taux d'intérêt, ou prix de vente ou d'achat d'un produit dans deux pays, il n'est qu'approximatif et des fois complètement décalé, le résultat obtenu par la méthode normale de comparaison, en ramenant le prix dans le premier pays et le prix dans le deuxième à une même devise ou unité de comparaison (dollar par exemple).
Le niveau général des prix étant dépendant du niveau des revenus et des salaires, ou soi-disant du pouvoir d'achat De ce fait, et pour toute comparaison internationale de niveau de vie, réelle et juste, il est fait appel à la fameuse PPA, ou parité de pourvoir d'achat, pour définir d'abord un principal élément qui est le taux de change. De la façon, la PPA permettra de mesurer combien une devise permet d'acheter de biens et services dans chacune des zones que l'on compare. Les biens et services utilisés dans la comparaison forment un « panier » normalisé, dont le contenu est universellement défini mais régulièrement revu.
De plus qu'il est à noter que les écarts entre les taux de change réels et les taux de change PPA peuvent être très significatifs. La monnaie couramment utilisée comme référence est le dollar américain, dont la valeur est prise à une année donnée.
Par Imane Berradi
LE MATIN _________________ Amzil de Addis Abeba
Dernière édition par Si Moh le Sam Juin 14, 2008 5:36 am; édité 1 fois |
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zgrita VIP Amazigh


Inscrit le: 14 Oct 2007 Messages: 1021
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Posté le: Jeu Juin 05, 2008 1:23 pm Sujet du message: Opinion & Débat |
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Les moissons de la faim
Jomo Kwame Sundaram Sous-secrétaire général adjoint au développement économique des Nations unies et lauréat du prix Wassily Leontief pour sa contribution à la progression de la pensée économique.
Le manque de nourriture est rarement une cause de famine. Même aujourd'hui, il y a assez de nourriture dans le monde, avec une récolte exceptionnelle cette année, et pourtant toujours plus de personnes n'ont pas les moyens d'acheter les aliments nécessaires. Répondre à cette crise en devenir est l'objectif de la Conférence mondiale de la FAO sur la sécurité alimentaire organisée du 3 au 5 juin, à Rome.
Avant même la récente flambée du prix des denrées alimentaires, on estimait qu'un milliard environ de personnes souffraient d'une faim chronique, tandis que deux milliards d'autres étaient victimes de malnutrition, soit près de trois milliards de personnes n'ayant pas assez à manger, presque la moitié de la population mondiale. Environ 18 000 enfants meurent chaque jour des conséquences directes ou indirectes de la malnutrition. Il est évident que l'augmentation récente des produits alimentaires ne fera que multiplier le nombre de gens vulnérables aux carences alimentaires.
Il est urgent de financer les programmes d'aide alimentaire existants pour répondre à la croissance de la demande, pour éviter les troubles sociaux et pour s'assurer que les paysans reçoivent les intrants agricoles les plus onéreux et nécessaires à la prochaine saison de plantation. Mais en même temps que nous apportons une réponse à l'urgence humanitaire actuelle, nous ne devons pas perdre de vue les problèmes à long terme qui ont affecté la sécurité alimentaire ces dernières décennies. Clairement, un « new deal » pour la sécurité alimentaire est nécessaire de toute urgence. L'essor de la production alimentaire au moment de la Révolution verte des années 1960 – grâce au soutien important des gouvernements et d'organisations internationales à but non lucratif – a cédé le pas à de nouvelles priorités politiques dans les années 1980. Alors même que l'offre des denrées alimentaires ralentissait, la demande a continué à croître et pas seulement à cause de l'expansion démographique. Avec la croissance des revenus, l'augmentation de la consommation de viande a entraîné une transformation du grain en aliment pour bétail.
Depuis les années 1980, les gouvernements ont été encouragés à promouvoir les exportations pour obtenir des devises étrangères et à importer leurs aliments. Mais l'alimentation ne peut pas être traitée comme une quelconque autre matière première, et les gouvernements doivent développer les politiques, les infrastructures et les institutions nécessaires à garantir la sécurité alimentaire (à ne pas confondre avec l'autosuffisance) aux niveaux national et régional. Le problème étant qu'après avoir négligé la sécurité alimentaire et les secteurs productifs de leur économie pendant plusieurs décennies, les gouvernements de plusieurs pays en développement n'ont plus la capacité fiscale permettant d'augmenter les dépenses publiques en faveur d'un accroissement de la production alimentaire et du rendement agricole. De plus, l'urbanisation galopante et la conversion des terres à un usage autre qu'agricole ont réduit les surfaces consacrées à la production alimentaire, en même temps que les terres agricoles sont utilisées pour produire des cultures non alimentaires, comme les biocarburants.
Il ne faudrait pas pour autant abandonner précipitamment tous les biocarburants, malgré des choix politiques clairement médiocres opérés ces dernières années. Certains biocarburants sont beaucoup plus efficaces au plan énergétique et en coût que d'autres, et les diverses sources de biocarburants présentent des coûts d'opportunité très différents pour l'agriculture alimentaire (le sucre n'a par exemple pas subi d'augmentation importante de prix). Un autre problème est qu'un nombre toujours plus réduit de transnationales agroalimentaires domine la commercialisation, la production et les intrants, une évolution qui s'effectue au détriment des petits paysans et des consommateurs, et en particulier des pauvres. De plus, la diminution de l'aide gouvernementale au crédit rural a fait que son coût est souvent devenu prohibitif. L'accroissement des titrisations, des transactions en ligne plus aisées et les autres évolutions financières de ces dernières années ont en outre facilité des investissements spéculatifs plus importants, notamment dans le domaine des marchés à terme des marchandises et des marchés des options, et en particulier ceux qui portent sur les produits alimentaires.
La chute de la valeur des actifs dans d'autres segments des marchés financiers à la suite de la crise des « subprimes » aux Etats-Unis est peut-être plus à l'origine de la récente flambée du prix des denrées alimentaires que ne le sont les contraintes de l'approvisionnement ou d'autres facteurs sous-jacents de l'enchérissement graduel à plus long terme.
Parallèlement, les subventions agricoles et les barrières douanières des pays industrialisés ont sans l'ombre d'un doute affaibli la production alimentaire des pays en développement. Mais stopper les subventions agricoles ne fera qu'augmenter le prix des produits alimentaires, du moins dans un premier temps, tandis que la seule réduction des tarifs douaniers n'entraînera pas nécessairement une augmentation de la production agricole dans les pays pauvres, à moins d'un soutien complémentaire.
À la place de ces mesures inadéquates, certains tenants de la sécurité alimentaire ont appelé les pays riches à compenser les effets pervers de leur protectionnisme et de leurs subventions à l'agriculture en fournissant une aide supplémentaire au monde en développement, et en ciblant en particulier les moyens de production qui améliorent la sécurité alimentaire. Pour éviter une catastrophe, la communauté internationale doit aussi faire face à la situation d'urgence concernant les aliments et les plantations mentionnée plus haut, y compris en dégageant des parts budgétaires et de la balance des paiements plus généreuses pour soutenir les pays à bas revenus importateurs d'aliments. Enfin, alors que les dirigeants mondiaux se réunissent à Rome, la communauté internationale doit trouver un engagement global et constructif pour la sécurité alimentaire qui ne soit pas infirmé par des politiques contradictoires.
Par Jomo Kwame Sundaram* | LE MATIN
Publié le : 04.06.2008 | 11h52 |
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zgrita VIP Amazigh


Inscrit le: 14 Oct 2007 Messages: 1021
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Posté le: Jeu Juin 05, 2008 1:27 pm Sujet du message: Conférence de Rome |
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Mohammed VI contre la fatalité alimentaire
Une dimension hautement politique et une vision humaniste accompagnent à coup sûr le discours que Sa Majesté le Roi Mohammed VI a adressé à la Conférence de la FAO, à Rome, et dont lecture a été faite hier par le Premier ministre, Abbas El Fassi. Conscient plus que personne des enjeux de la crise alimentaire, de ses implications sociales et humaines et de ses retombées politiques, le Souverain a exposé une vision tout à la fois réaliste –d'autres diraient pragmatique–, pertinente et porteuse de projets, donc d'espoir. A lire attentivement le discours royal, d'une remarquable et lucide profondeur, on relève la force du constat et la justesse des propositions. Exemples à l'appui, il se décline comme une dialectique heureuse, éclaireuse aussi, qui nous interpelle.
L'explosion des prix des denrées alimentaires de première nécessité – riz, maïs, blé et autres – s'est produite alors même que le Maroc finissait de peaufiner son projet agricole et une réflexion assidue pour organiser son agriculture. Et c'est peu dire, dans ces conditions, que S.M. le Roi Mohammed VI a renforcé l'engagement de notre pays pour une agriculture moderne et pour la mise en œuvre inédite de la politique des barrages et la préservation des richesses hydriques.
A la Conférence de Rome sur la crise alimentaire mondiale, la même disposition d'esprit semble avoir dominé. Elle comporte aussi une série de propositions majeures et significatives. Une analyse pertinente des causalités de la crise a été effectuée par le Souverain. D'emblée, il annonce que « la Conférence de Rome se réunit dans une conjoncture délicate, marquée par de fortes pressions liées à la demande sur le marché mondial de produits de base et au renchérissement spectaculaire du coût de l'énergie ». Suit un enchaînement pertinent de causes liées les unes aux autres, tirant avec gravité la conclusion selon laquelle l'acharnement inédit sur les biocarburants comme source d'énergie alternative a « conduit les agriculteurs à transformer de vastes étendues consacrées initialement à la culture vivrière de base en des surfaces dédiées à la production de la bioénergie ».
Tout est dit dans ce propos qui ne s'instille d'aucune autre éthique que du constat grave et de la lucidité. Cela dit, Sa Majesté le Roi n'en reste pas au stade du simple constat, fût-il pessimiste ! Homme de réflexion et d'action, plongé dans les réalités rurales depuis des années, il invite la conférence à prendre les mesures d'urgence qui s'imposent, une stratégie globale de lutte contre les effets périlleux que comporte cette crise globale à plusieurs variantes, mêlant la hausse des prix, la désertification, les dérèglements climatiques et la prolifération des conflits armés. Le Souverain qui a présenté le modèle agricole du « Plan Vert » adopté par notre pays, en appelle aussi, dans la même ferveur, au renouvellement et à la restructuration du tissu des intervenants, à l'encouragement de l'investissement privé et au procédé d'agrégation dont on ne peut que saluer l'efficacité.
Le discours royal à la Conférence de la FAO à Rome est un véritable plaidoyer pour le monde en développement, les pays d'Afrique et tous les peuples exposés aujourd'hui à la conjonction aggravée des facteurs de pauvreté et de crise alimentaire. Il comporte une vision à moyen et long terme, dès lors que les Nations unies et les responsables des pays membres en prennent la réelle mesure. Car l'ensemble du système d'aide alimentaire d'urgence mis en vigueur pour y pallier ne suffit pas…
Par LE MATIN
Publié le : 04.06.2008 | 18h00 |
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zgrita VIP Amazigh


Inscrit le: 14 Oct 2007 Messages: 1021
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Posté le: Ven Juin 13, 2008 6:40 pm Sujet du message: La gouvernance |
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Développement durable
Alain Grimard, conseiller d'ONU Habitat au bureau régional de Nairobi pour les Etats arabes et les pays d'Afrique
Interview • «La gouvernance est le facteur le plus important pour éradiquer la pauvreté»
Alain Grimard, conseiller d'ONU Habitat au bureau régional de Nairobi pour les Etats arabes et les pays d'Afrique revient sur la gouvernance qui permet, selon lui, une plus grande mobilisation des différents acteurs.
Pour cela, il faut à côté d'une déconcentration des pouvoirs et des ressources, une décentralisation.
Le Matin : Un bureau régional pour les Etats arabes devrait bientôt ouvrir au Caire. Vous êtes conseiller pour les Etats arabes et les pays d'Afrique. Les problématiques sont-elles différentes ?
Alain Grimard : Tout à fait, non seulement entre ces deux entités, mais différentes entre les pays eux-mêmes d'un même bloc. Les problèmes qui étaient criants dans certains pays arabes et maghrébins, je pense à l'accès à l'eau potable et à des services de base, n'existent plus. Il reste dans ces pays peu de choses à faire dans ces domaines sauf pour ce qui est de la gestion décentralisée. Ce n'est pas le cas de l'Afrique subsaharienne où les défis sont immenses et où il faut de très gros investissements massifs pour réaliser les infrastructures de base et où il faut également travailler sur l'aspect soft.
Au Maroc que faites-vous ?
ONU Habitat vient en appui à notre point focal national qui accompagne les projets de l'agence du sud pour la réalisation dans le sud d'agendas 21.
Il y a déjà des documents de référence pour un développement durable et qui touche différents aspects, économique, environnemental et social avec des thèmes extrêmement importants, ceux de la gouvernance, l'égalité des genres…
Que préconisez-vous au niveau de la gouvernance ?
La gouvernance permet une plus grande mobilisation des différents acteurs. Pour cela, il faut à côté d'une déconcentration des pouvoirs et des ressources, une décentralisation, c'est-à-dire d'autres paliers gouvernementaux parfois au niveau régional et local au sein des municipalités qui s'approprient les fonctions et qui rendent compte. Une décentralisation réussie doit être accompagnée d'un transfert des pouvoirs, des compétences et surtout des ressources pour faire face aux défis. Cela pose le problème d'une véritable politique des services urbains de base, eau, gestion des déchets, planification urbaine qui relève des compétences locales et municipales. Mais les ressources financières ne suffisent pas, il faut renforcer les capacités des élus qui sont nommés pour ces tâches. Nous avons à Nairobi un département en charge de la formation et du renforcement des capacités. Celui-ci a développé plusieurs modules de formation traduits dans 17 langues dont l'arabe avec un module spécifique de formation des leaders locaux qui peut facilement s'appliquer aux contextes nationaux et qui peut servir aux villes et aux municipalités et mêmes aux institutions nationales ou aux instituts pour la formation des formateurs.
Que faut- il pour une bonne gouvernance ?
Associer tous les acteurs de la société civile, les élus et le secteur privé et parmi eux les leaders d'influence au niveau local.
A côté des questions des services urbains et sociaux de base, de la planification et de l'habitat, le mandat d'ONU Habitat focalise sur un aspect essentiel relatif à la croissance harmonieuse des villes, c'est celui de l'emploi. Il y a d'autres agences comme le BIT qui s'occupe de cette question extrêmement importante.
S'il n'y a pas d'emplois, il n'y a pas de croissance et pas de développement harmonieux de la ville. Dans la déclaration du Millénaire, qui fixe l'objectif d'améliorer de façon significative les conditions de vie d'au moins 100 millions de bidonvillois à l'horizon 2020, l'accès à la sécurité d'occupation foncière et immobilière a été retenu comme le critère le plus important pour mesurer cet objectif. Le Maroc a réalisé dans ce sens avec notamment le programme des villes sans bidonvilles des progrès remarquables.
Que peut apporter la gouvernance aux pays d'Afrique et du monde arabe ?
Aux Nations unies nous disons que « La bonne gouvernance est le facteur le plus important pour éradiquer la pauvreté et promouvoir le développement».
L'un des domaines stratégiques d'activités d'ONU Habitat est celui de l'aide apportée aux villes pour qu'elles adoptent des pratiques de gouvernance et de gestion urbaine socialement intégrées, transparentes, participatives et responsables en vue d'assurer un développement urbain durable. En tant que centre de coordination des Nations unies pour les autorités locales, ONU Habitat a encouragé les villes à utiliser de bonnes pratiques de gouvernance urbaine.
La Campagne mondiale sur la bonne gouvernance urbaine que le Maroc a signée dès 2004 nous a permis de travailler grâce à des campagnes nationales, sur des mesures et des outils pratiques qui aident à la prise de décision participative, à la formation des élus municipaux, à la transparence de la gouvernance locale, le budget participatif, et les dialogues au niveau local entre groupes populaires de femmes et autorités municipales.
Au Maroc, qui a un plan volontariste, on peut continuer à appuyer cette approche pour apporter des solutions aux cadres municipaux pour une meilleure gestion et la planification des affaires publiques des villes. Beaucoup de chefs d'Etat en Afrique voient le phénomène urbain comme une menace.
Si les choses se passent bien, s'il existe une réelle gouvernance, le phénomène urbain peut être une opportunité, notamment en termes d'efficacité des services. Les villes peuvent être des moteurs de la croissance et du développement. «Il importe donc de faire une bonne gestion et de manière harmonieuse, en mieux planifiant et répartissant les richesses et les emplois et à mieux se préparer pour affronter l'immigration massive dans les centres urbains.
Le défi urbain est l'un des premiers que doit affronter le Maroc, notamment avec l'emploi des jeunes ?
Oui, c'est le cas de tous les pays du Maghreb. Au Maroc, il y a des stratégies nationales comme l'INDH, le programme des villes sans bidonvilles, mais aussi avec la politique de révision de la charte communale qui préconise plus de délégation de pouvoir. Avec le plan d'ONU Habitat et une meilleure articulation normative et opérationnelle, les résultats seront plus probants. Il faut articuler cette approche, avec l'approche pays en cherchant à optimiser les résultats. Actuellement, UN-HABITAT entretient, depuis quelques années, des relations privilégiées avec l'Agence du Sud, dans le cadre de la mise en œuvre d'Agendas 21 locaux dans cinq villes (Assa, Guelmim, Tan Tan, Tarfaya, Tata). Ma mission a notamment pour objet de raffermir ce partenariat à travers la signature d'un accord de coopération entre les deux institutions. Le thème des villes oasiennes occupant une place importante dans les mandats respectifs, et nous ambitionnons d'initier, d'ici quelques mois et de concert avec l'Agence du Sud et d'autres partenaires, une rencontre internationale sur la richesse et la durabilité de ce type d'établissement humain. Cette rencontre se tiendrait au Maroc, qui est l'initiateur d'une résolution du Conseil d'administration de UN-HABITAT demandant à cette agence onusienne de traiter de manière spécifique la problématique unique des villes et villages oasiens.
Par Farida Moha | LE MATIN
Publié le : 13.06.2008 | 15h22 |
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